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Santé

Bruit et dépression chez les mères

17-04-2019

Photo: Unsplash

Les futures mères exposées à un environnement bruyant pendant leur grossesse sont plus à risque de dépression.

C’est la conclusion d’un groupe de chercheurs montréalais, qui a voulu mieux comprendre les causes de la dépression post-partum. «Certaines études suggèrent que, chez les femmes en général, le bruit est lié à la santé mentale», explique Nathalie Auger, auteure principale de l’étude.

D’entrée de jeu, cette professeure associée à l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHUM le souligne : le niveau sonore élevé n’est qu’un facteur de risque parmi d’autres facteurs pouvant amener un épisode de dépression plus tard dans la vie.

Dans l’étude publiée dans Environmental Research, les chercheurs ont examiné les données de 140 456 femmes enceintes habitant sur l’île de Montréal de 2000 à 2016, suivies pendant plusieurs années. Ces femmes n’avaient pas été hospitalisées auparavant pour des problèmes de santé mentale avant de tomber enceinte pour la première fois. Dans un autre volet de l’étude, il y a eu une collecte des niveaux sonores sur 204 sites résidentiels pendant deux périodes : deux semaines à l’été 2010 et cinq semaines au printemps 2014.

Résultats? En moyenne, les femmes étaient exposées à un niveau de bruit de 58,2 décibels (dB). À titre comparatif, le niveau sonore d’une conversation est de 60 dB.

Au total, 0,7% (959) ont été hospitalisées pour dépression et 1,4% (1935) pour d’autres troubles de santé mentale sur toute la période de l’étude. D’après l’étude, «l’incidence d’hospitalisations varie peu selon les différentes intensités de bruit». Cela signifie que peu importe si les femmes vivaient dans un environnement calme ou bruyant (moins de 55 dB, de 55 à 59,9 dB, de 60 à 64,9 dB et plus de 65 dB), le taux d’hospitalisation est sensiblement le même d’un groupe à l’autre.

Cependant, les chercheurs ont remarqué que les futures mères exposées à un niveau de bruit de 60 dB pendant la nuit ont plus de risques d’hospitalisation pour dépression (1,16 fois) et troubles mentaux (1,32 fois).

Le bruit parmi plusieurs facteurs

À la lumière de ces résultats, peut-on distinguer la part de responsabilité du bruit dans ces dépressions? Nathalie Auger répond qu’il y a une association, mais que l’on ne sait pas si cela est dû au bruit ou non. «Le bruit est un facteur de risque, mais il peut y avoir d’autres facteurs présents dans l’environnement de la femme». Mieux vaut donc que les futures mères privilégient de saines habitudes de vie et évitent le stress pour améliorer leur santé mentale, conseille Mme Auger.

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