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Santé

Déjouer la barrière du cerveau pour laisser passer des médicaments

15-03-2019

Illustration: Wikimedia Commons

Pour mettre au point des médicaments capables d’atteindre le cerveau, une équipe du Conseil national de recherches Canada (CNRC) a conçu un modèle fidèle de barrière hématoencéphalique.

Le cerveau ressemble à une forteresse : n’entre pas qui veut à travers la barrière hématoencéphalique, constituée principalement de cellules hermétiques qui tapissent les parois des vaisseaux sanguins du cerveau.

Le rôle de cette barrière est essentiel, car elle protège le cerveau en bloquant l’accès aux indésirables tel que les virus ou les toxines. Cependant, elle filtre également les médicaments qui pourraient être bénéfiques, notamment pour traiter des maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer, ou encore le Zika (le virus réussit à déjouer les défenses du cerveau).

«La barrière empêche l’entrée de la plupart des agents thérapeutiques dans le cerveau», constate Danica Stanimirovic, chercheuse au CNRC. Pour mieux comprendre le fonctionnement de cette barrière presque à toute épreuve, elle et son équipe ont développé un modèle à partir de cellules souches, présenté en janvier 2018 dans Scientific Reports.

Les chercheurs ont ainsi procédé à l’extraction de cellules souches humaines à partir de liquide amniotique. «Nous avons reprogrammé ces cellules souches pluripotentes en des populations de cellules de la barrière hématoencéphalique. La technique n’est pas nouvelle, mais nous avons réussi à générer une population pure de ces cellules», indique la chercheuse.

Passeurs de frontière

Grâce à ce modèle, les chercheurs du CNRC ont mis au point une sorte de «transporteur» qui peut franchir la barrière et acheminer les médicaments jusqu’au cerveau.

«Nous avons testé des anticorps pour voir lequel d’entre eux pouvait pénétrer la barrière hématoencéphalique. Nous avons ainsi identifié quelques anticorps qui peuvent faire office de transporteurs. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils peuvent aussi s’attacher à différentes molécules thérapeutiques», explique Danica Stanimirovic.

Pour l’instant, cette barrière créée en laboratoire est une preuve de concept, mais elle laisse poindre un peu d’espoir pour des traitements avancés contre l’Alzheimer, le Parkinson, les démences et le zika, entre autres. «Si un traitement a le potentiel de guérir une infection ou une tumeur, on peut l’accrocher à notre transporteur et voir si le médicament atteint bel et bien le cerveau».

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