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Santé

Des phages modifiés pour s’attaquer à plus de bactéries

08-11-2019

Vue d’un phage sous microscope. Image: Pixabay

Des chercheurs suisses ont modifié les gènes de bactériophages pour que ceux-ci ciblent un plus grand spectre de bactéries indésirables.

Tout le monde connait les bactéries et les virus. Mais le monde microscopique comprend aussi les bactériophages, des virus qui n’infectent que des bactéries. On les trouve partout où il y a des bactéries.

Les bactériophages, ou phages, sont connus des scientifiques depuis plus de 100 ans. L’ancien rédacteur en chef de Québec Science, Raymond Lemieux, vient d’ailleurs de publier un livre sur la vie du Franco-Canadien Félix d’Hérelle, qui a découvert ces «microbe(s) tueurs de microbes». La recherche sur les bactériophages a été délaissée lorsque les chercheurs ont vu tout le potentiel des antibiotiques contre les bactéries.

Mais aujourd’hui, devant la montée de la résistance des bactéries aux antibiotiques,  les chercheurs se tournent de nouveau vers les bactériophages (lisez cette histoire où des médecins les ont utilisés en dernier recours). Contrairement aux antibiotiques qui déciment sur leur passage autant les bonnes bactéries que les mauvaises, les bactériophages, eux, sont très précis. Ils ne s’attaquent qu’à un seul type de bactérie en particulier. Par exemple, le phage nommé T4 ne s’attaque qu’à la bactérie E. coli.

Cette grande spécificité complique cependant la tâche des scientifiques. Si un patient souffre d’une infection bactérienne, il faut trouver le bon phage et le tester contre la bactérie en cause avant de l’administrer.

Des phages modifiés

Pour contourner ce problème, des chercheurs de l’Institut fédéral suisse de technologie et de l’ETH Zurich ont modifié le code génétique de bactériophages pour les rendre capables de reconnaître un plus grand éventail de bactéries nuisibles. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Cell Reports.

Lorsqu’on observe un phage à l’aide d’un microscope électronique, cette petite bête ressemble à une sorte d’araignée avec une drôle de tête en forme de polyèdre. Le bactériophage discerne sa cible grâce à des récepteurs situés sur sa queue (ou les «pattes» de cette fausse araignée). Ces récepteurs sont composés de protéines, et les chercheurs ont été en mesure d’en changer la composition. Le phage modifié était ensuite en mesure de reconnaître d’autres souches de bactéries.

Les chercheurs suisses le mentionnent dans leur étude: il ne s’agit pour l’instant que d’une preuve que tout cela est possible. Dans le futur, le groupe voudrait créer de nouveaux phages synthétiques pour combattre d’autres bactéries, comme celles responsables des pneumonies ou des infections à staphylocoques.

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