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Sciences

CRISPR: La productivité des cerises de terre boostée par l’édition génétique

02-10-2018

Cerises de terre. Photo: Flickr, Pen Waggener.

Et si CRISPR, ce nouvel outil d’édition génétique, permettait d’augmenter rapidement la productivité des plantes en agriculture ?

Des chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory, aux États-Unis, viennent d’en faire la démonstration dans un article paru dans Nature Plants. En modifiant seulement deux gènes de la cerise de terre (Physalis pruinosa), ils ont obtenu une plante produisant des fruits plus gros et plus nombreux.

Les variétés classiques présentement cultivées ont des défauts majeurs: elles ont tendance à croître en s’étalant sur le sol et à produire une grande quantité de petits fruits (environ 1g) qui tombent trop facilement sur le sol.

Pour améliorer les caractéristiques de cette plante, les chercheurs se sont inspirés des gènes qui ont facilité la domestication de la tomate, dont le génome est proche de celui de la cerise de terre.

À l’aide des ciseaux génétiques CRISPR-Cas9, ils ont modifié un gène appelé SELF-PRUNING 5G qui, autrement, pousse la plante à produire des feuilles et des tiges plutôt que des fruits. Résultat, les plants modifiés ont produit en moyenne 50% de fruits en plus. La modification d’un second gène a permis d’obtenir des fruits 24% plus gros.

Un coup d’accélérateur

Les humains n’ont jamais cessé d’améliorer la productivité des plantes. Mais jusqu’ici, il fallait passer des années à sélectionner et à croiser entre eux les spécimens donnant le plus de fruits, les fruits les plus goûteux ou résistant le mieux aux maladies. Une autre technique couramment utilisée, la « mutagénèse », consiste quant à elle à provoquer, à l’aide de produits chimiques ou de rayons X, de nombreuses mutations aléatoires, dans l’espoir d’en générer des favorables.

L’arrivée d’outils comme CRISPR-cas9 permet de cibler directement les gènes intéressants. Un gain de temps considérable! « Avec cette technique, n’importe quel caractère peut être amélioré chez une plante : résistance aux maladies, à la sécheresse, augmentation de la taille, du rendement, etc. C’est l’avenir, il n’y a aucun doute là-dessus », nous affirmait Ajjamada Kushalappa, chercheur en pathologie végétale à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill, lors d’un reportage consacré à l’utilisation cette technologie en agriculture (CRISPR et les nouveaux hackers de l’agriculture).

Et aussi: Plantes: le boom des nouvelles techniques de sélection.

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