Publicité
Sciences

Dinosaures: l’amour au crétacé

25-07-2013

Ils ont dominé la Terre pendant plus de 150 millions d’années. Nul doute que les dinosaures se reproduisaient allègrement. Mais comment? Imaginons un stégosaure, avec sa double rangée de plaques osseuses hérissées sur le dos et la queue, ou un diplodocus de 15 tonnes et rendons-nous à l’évidence: si le mâle était monté sur la femelle pour la féconder, il se serait fait empaler ou castrer. Ou alors, sa dulcinée serait morte sous son poids.

C’est du moins ce qu’a conclu, il y a quelques mois, Heinrich Mallison, chercheur au Musée d’histoire naturelle de Berlin, en Allemagne, après avoir modélisé un tel accouplement par ordinateur. Selon ses travaux sur le kentrosaure, un dinosaure épineux cousin du stégosaure, la bête devait privilégier la posi­tion du missionnaire ou bien celle de la cuillère, la femelle penchée sur le côté pour ne pas blesser le mâle.

« Nous ne connaissons aucun fossile de dinosaure dont les organes sexuels, qui sont des tissus mous, ont été conservés, donc nous ne pouvons que spéculer sur leur façon de s’accoupler », indique toutefois John Long, paléontologue à l’université Flinders, en Australie, et auteur d’un livre sur le sujet, The Dawn of the deed: the prehistoric origin of sex (University of Chicago Press, 2012).

D’ailleurs, faute de preuves visuelles, les chercheurs ne s’accordent même pas sur l’éventuelle présence d’un pénis érectile chez ces lézards géants. Ceux-ci, mâles comme femelles, étaient pourvus d’un cloaque, c’est-à-dire d’une cavité unique servant à la copulation et à l’élimination des excréments. Mais accolaient-ils leurs deux cloaques pour se reproduire, ou les mâles étaient-ils pourvus d’un pénis?

«Le mieux que l’on puisse faire, c’est jouer aux devinettes en observant les crocodiles et les oiseaux primitifs, comme les autruches ou les canards, qui sont les plus proches descendants des dinosaures. Tout comme ces animaux, les dinosaures devaient posséder un pénis. Ils devaient s’accoupler « par derrière » et on peut supposer que les mâles de certaines espèces arboraient de très longs organes pour pouvoir passer outre l’armure de la femelle », estime de son côté John A. Long, dont le livre est le premier à défendre l’existence d’un pénis jurassique. Selon lui, l’ankylosaure, sorte de grosse tortue à armure de 9 mètres de long, aurait ainsi eu un pénis de…2 mètres!

Même si la question taraude les paléontologues depuis longtemps, il va de soi qu’imaginer la vie sexuelle des dinosaures à partir de fragments d’os relève du défi. Ce n’est d’ailleurs que depuis 2005 que les chercheurs ont pu distinguer le squelette d’une femelle de celui d’un mâle!

Cela, grâce à la découverte fortuite de Mary Schweitzer, du Musée des sciences naturelles de Raleigh (Caroline du Nord), qui a repéré dans l’os du fémur d’un Tyrannosaurus rex la présence d’un tissu particulier, l’os médullaire. Présent en fine couche dans une cavité de l’os, ce tissu est un dépôt de calcium temporaire qui sert à la fabrication de la coquille des œufs, et que l’on trouve aujourd’hui encore chez les oiseaux. En bref, ce fémur appartenait à un T. rex femelle, qui était en période de ponte!

Reste que, à moins de tomber sur un fossile ayant figé un couple mort en pleine action, les acrobaties grâce auxquelles les mâles fécondaient ces œufs resteront mystérieuses. On sait toutefois qu’ils pouvaient être des pères attentionnés. Chez certaines espèces, ils veillaient sur les nids et couvaient leurs oeufs comme les oiseaux.

Pour voir des oeufs de dinosaures, c’est ici!

Illustration: Frefon

Publicité

À lire aussi

Sciences

Le début d’un long périple chez les jeunes manchots empereurs

Des chercheurs comprennent mieux le périple des petits manchots empereurs après qu'ils aient quitté leur nid.
Annie Labrecque 23-01-2019
Sciences

Lueur d’espoir pour la sclérose latérale amyotrophique

Un médicament antipsychotique utilisé depuis des décennies pourrait soulager les symptômes de la maladie de Lou Gehrig, conclut une étude canadienne.
Maxime Bilodeau 16-11-2017
Sciences

L’Homo erectus, paresseux?

L’Homo erectus aurait en partie disparu en raison de sa paresse, selon une étude publiée dans PLOS ONE, le 27 juillet 2018. Vraiment?
Annie Labrecque 14-08-2018