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Sciences

« Il faut étudier davantage la lactation! »

17-02-2014

Pousser plus loin la recherche sur le lait des mammifères et la lactation: c’est le message qu’a fait passer Katie Hinde, biologiste au département d’évolution humaine à Harvard, lors du congrès de l’AAAS en 2014. « Quand on cherche dans les bases de données scientifiques, on constate qu’il y a plus de 700 000 articles sur la grossesse et moins de 100 000 en tout pour ce qui concerne la lactation, la composition du lait, etc », a-t-elle observé.

Comme on pouvait s’y attendre pour un sujet polémique comme celui-ci, sa présentation a donné lieu à quelques raccourcis médiatiques.

Sans entrer dans le débat allaitement maternel versus lait maternisé, la chercheuse, qui a mené une étude sur les singes rhésus de 2005 à 2013, a surtout voulu insister sur le manque actuel de connaissances.

Alors qu’on a tendance à voir le lait comme un produit homogène d’une mère à l’autre, il s’avère que la « recette » est hautement variable et personnalisée. « Le type de lait produit pour un petit mâle et différent du lait produit pour une femelle, surtout lors de la première grossesse. Le lait pour les mâles est plus dense et plus riche, alors que les mères produisent beaucoup plus de lait pour nourrir les femelles. Ces différences peuvent être dues au mode d’allaitement, les femelles venant téter plus souvent, mais aussi au ‘pattern’ de croissance: le squelette des femelles se développe plus vite pour atteindre rapidement la maturité sexuelle, et le lait est donc plus riche en calcium », a-t-elle expliqué.

Une étude menée par Katie Hinde sur plus d’un million de vaches a également montré que le sexe du petit influençait la quantité de lait produite par la mère, même lors de la traite (le veau étant séparé de sa mère quelques heures ou jours après la naissance).

Pour l’instant, inutile d’extrapoler ou de tirer des conclusions hâtives de ces observations. « Ce qui est intéressant, c’est que les concentrations en hormones et minéraux varient aussi de façon importante, et qu’on connait encore mal toutes les fonctions du lait. Par exemple, on découvre que les oligosaccharides contenus dans le lait ne servent pas à nourrir l’enfant: ils sont utilisés par les bactéries intestinales pour se développer et former une flore diversifiée et équilibrée. Cette flore, elle aussi, est sujette à variation, car elle est transmise par le lait maternel, mais on ne sait pas encore par quels mécanismes. Bref, il faut étudier davantage ce sujet », a-t-elle conclu. A terme, en savoir plus pourrait avoir des retombées en production laitière ou permettre d’améliorer les laits maternisés.

Photo: Par Lip Kee from Singapore, via Wikimedia Commons

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