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Sciences

Jouer à la cachette avec les rats

12-09-2019

Un rat en train de jouer à la cachette. Photo: Reinhold, Sanguinetti-Scheck, Hartmann & Brecht

Les rats peuvent apprendre à jouer à cache-cache et à y être très bons.

Le jeu de la cachette n’est pas souvent étudié par les scientifiques, malgré sa popularité dans toutes les cultures. Des chercheurs de l’Université Humboldt de Berlin se sont demandé si les rats pouvaient y jouer. Ils avaient précédemment entendu des propriétaires de rats affirmer que ces derniers se plaisaient à se cacher. «C’est une chose très utile pour un petit animal comme le rat de pouvoir se cacher et de rester introuvable», a indiqué l’un des chercheurs, Michael Brecht, lors d’un entretien téléphonique.

Pour le vérifier, les scientifiques ont mis sur pied une expérience originale dont les résultats sont publiés dans Science. Dans une pièce de 30 m2, un rat est placé dans une boîte fermée pendant qu’une personne se cache (en l’occurrence, Annika Stefanie Reinhold, l’une des auteurs de l’étude). La boîte est ensuite ouverte à distance. C’est le signal attendu: l’animal peut sortir et commencer à chercher. Lorsqu’il trouve la personne, il est récompensé par des interactions sociales (caresses, chatouilles…)

Dans un deuxième temps, le rat est déposé dans la boîte, qui reste cette fois ouverte. Le petit rongeur comprend que c’est à son tour d’aller se cacher. Celui-ci doit donc choisir une cachette parmi les sept endroits où il peut se réfugier. Il attend que l’humain le trouve et le récompense (encore une fois, par des interactions sociales).

Les chercheurs allemands ont répété l’expérience avec six rats. En général, il suffisait d’une à deux semaines aux rats pour apprendre à jouer. «Le rongeur est très stratégique. Il repère assez vite la personne, surtout si celle-ci se cache au même endroit», souligne M. Brecht. Il est aussi intelligent lorsque c’est son tour de se cacher, car il ne va pas au même repaire d’une fois à l’autre. «Pendant le jeu, le rat fait des vocalises, mais il se tait quand vient le temps de se cacher», ajoute-t-il. L’enregistrement de l’activité du cortex préfrontal des rats a d’ailleurs révélé une activité intense. Cette région du cerveau est notamment impliquée dans le comportement social et le jeu.

Parmi les cachettes offertes, il y avait une boîte opaque, une boîte transparente et un bout de carton. Les scientifiques ont remarqué que le rat avait une préférence pour la meilleure cachette, soit la boîte opaque.

Et si on changeait le partenaire de jeu humain en le remplaçant par un autre rat, les animaux joueraient-ils ensemble? Les chercheurs ont testé ce scénario, sans toutefois arriver à des résultats concluants. «Nous les avons vus jouer et se cacher. Mais nous avons aussi observé de longues périodes où ils faisaient toutes sortes d’autres choses», explique le chercheur, qui termine en soulignant que l’expérience fût autant amusante pour les chercheurs que pour les rats!

Voir l’expérience en vidéo:

Le rat en train de chercher

 

Le rat se cache de la scientifique

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