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Sciences

L’homme de Denisova a légué ses gènes aux humains actuels… deux fois plutôt qu’une!

20-03-2018

Photo: Pixabay, Papouasie-Nouvelle-Guinée

Décidément, l’arbre généalogique de nos ancêtres ne cesse de se complexifier. S’il ne reste aujourd’hui qu’une espèce d’humains sur Terre, Homo sapiens, les choses étaient différentes il y a quelques milliers d’années. Les Homo sapiens côtoyaient alors les hommes de Néandertal, avec qui ils se sont reproduits à l’occasion. (On vous en parlait ici et ici)

Mais on sait aussi, depuis peu, qu’il y a eu métissage avec une autre espèce, qui reste mystérieuse : les hommes de Denisova, découverts en 2010 dans une grotte en Sibérie, et dont on n’a retrouvé qu’une minuscule phalange, datant de 30 000 à 50 000 ans, et peut-être deux crânes. L’analyse de l’ADN présent dans la phalange avait alors révélé l’existence d’une espèce d’homininés jusqu’alors inconnue des scientifiques.

Grâce à des techniques de séquençage de l’ADN, une équipe de l’université de Washington à Seattle vient de confirmer que de l’ADN archaïque légué par l’homme de Denisova est encore présent dans le génome des personnes vivant aujourd’hui en Océanie et en Asie. En fait, les scientifiques ont conclu qu’il y a eu au moins deux épisodes distincts de croisement génétique, puisque les fragments dénisoviens ne sont pas les mêmes en Papouasie que dans certaines régions de Chine ou au Japon. Les résultats sont rapportés dans la revue Cell.

Les chercheurs savaient déjà qu’environ 5% du génome des habitants de Papouasie était hérité des Dénisoviens. Ils savaient que des traces d’ADN dénisovien étaient aussi présentes chez les Asiatiques, mais à un moindre degré. Leur hypothèse était que ces fragments avaient été légués plus tard, par des croisements des populations asiatiques avec celles d’Océanie. Cette nouvelle étude réécrit toutefois le scénario: « Nous avons trouvés chez les Est-Asiatiques un second « lot » de gènes que l’on ne trouve pas en Asie du Sud ni en Papouasie », explique la chercheuse Sharon Browning dans un communiqué. « Cet héritage dénisovien semble avoir été acquis indépendamment par les Asiatiques de l’Est ».

Génomes passés au peigne fin

Les génomes de plusieurs individus de Néandertal et d’un homme de Denisova ont été entièrement séquencés. Les chercheurs les utilisent pour repérer des traces de ces espèces ancestrales qui persistent dans notre ADN. Ainsi, de 1% à 4% du génome des non-Africains actuels serait issu de Néandertal!

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs de l’université de Washington ont utilisé une méthode de comparaison statistique sur 5639 séquences génomiques issues d’Eurasie et d’Océanie.

Les hommes de Néandertal et deux populations de Dénisoviens ont contribué au patrimoine génétique des humains d’aujourd’hui (Image adaptée et traduite, originale: Sharon Browning et Serena Tucci, 2018).

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