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Sciences

L’impression 3D pour étudier le comportement animal

01-06-2018

Photo: Grégory Bulté

Cette superbe tortue géographique a la cote auprès des mâles. Pourtant, ses charmes n’ont rien de naturel: elle a été imprimée en 3D dans le département de biologie de l’université Carleton, en Ontario.

« Nous avons imprimé plusieurs tortues à partir de spécimens de musée qu’on a scannés. En biologie, on utilise des leurres depuis longtemps pour étudier le comportement animal. Mais l’impression 3D permet de le faire pour quelques dizaines de dollars seulement, contre environ 1000$ si on le demande à un taxidermiste », explique Grégory Bulté, qui a conduit l’étude publiée au printemps 2018.

Le but de la manoeuvre : vérifier le fait que les mâles ont une nette préférence pour les femelles les plus grosses. De manière générale, les femelles de cette espèce de tortue d’eau douce sont deux fois plus grosses que les mâles, pouvant atteindre une trentaine de centimètres de long.

« C’était une première expérience de « preuve de concept », dans laquelle on a fait varier la taille de la tortue femelle. Nous essayons maintenant de voir comment les mâles perçoivent la présence d’autres mâles autour d’une femelle: est-ce qu’ils voient cela comme de la concurrence ou est-ce que cela les conforte dans le fait que la femelle est un bon choix?», explique le chercheur, qui a pour l’instant imprimé un mâle et trois femelles.

Si l’impression 3D a longtemps été réservée à l’industrie, elle gagne du terrain dans les laboratoires de recherche. « Cela va devenir de plus en plus populaire», affirme le biologiste. Un de ses collègues, Ryan Chlebak, a imprimé des modèles de poissons parasités ou non par une lamproie, un poisson en forme d’anguille, histoire de voir en quoi cela affecte leur aérodynamisme.

Les tortues mâles se laissent prendre par le réalisme de la fausse femelle imprimée par Grégory Bulté:

 

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