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Sciences

La palme aux protéines!

30-03-2014

«Originalité», «audace», «impact extraordinaire», «potentiel énor­me», «révélation», «découverte abasourdissante»: les lecteurs ont exprimé toute leur admiration.
Il faut dire que l’étude de Xavier Roucou jette un gros pavé dans la mare des sciences du vivant, en supposant qu’il pourrait y avoir dans nos cellules 80 000 protéines inconnues. Elles étaient jusqu’ici passées sous le radar des scientifiques du monde entier. Une révolution pour la médecine et la biologie!

Même si les chercheurs doivent encore découvrir le rôle de ces protéines alternatives, ils viennent d’ouvrir une porte sur un univers totalement nouveau. Ces protéines pourraient, en fait, participer à l’apparition de certaines maladies ou fausser les résultats d’expériences que l’on interprétait auparavant sans tenir compte de leur existence.

Soixante ans après la découverte de l’ADN, cette étude publiée dans la revue PLOS ONE pourrait bien changer notre compréhension des cellules et de leur fonctionnement. À l’époque, les biologistes étaient pourtant persuadés d’avoir enfin trouvé le «secret de la vie». Ils pensaient que chaque gène commandait la fabrication d’une seule protéine. Ce dogme a été ébranlé de nombreuses fois depuis.

Par exemple, on sait que les ARN messagers, ces «copies» des gènes, peuvent être légèrement modifiés avant d’être traduits en protéines, certains morceaux étant conservés et d’autres étant coupés et éliminés; c’est l’épissage alternatif. Un gène peut donc donner plusieurs ARN messa­gers qui aboutissent à la fabrication de variantes d’une même protéine. C’est ce qui explique pourquoi le génome humain, si complexe, ne pos­sède «que» 25 000 gènes. Mais les travaux menés à l’Université de Sherbrooke ajoutent à ce cocktail un degré de complexité jamais envisagé jusqu’ici, décuplant les possibilités de lecture du génome et multipliant par 3,8 le nombre de protéines pouvant théoriquement être produites!

Seul l’avenir nous dira l’importance fonctionnelle de ces protéines. Pour le moment, une chose est sûre: ce monde mérite d’être exploré. Bonne chance à l’équipe de Xavier Roucou, qui se lance maintenant dans ce travail colossal.

Québec Science tient à souligner une fois de plus la qualité des travaux de tous les lauréats. Ajoutons une mention spéciale pour l’équipe de Lorenzo Ferri, du Centre universitaire de santé McGill, qui arrive à la seconde place du classement avec son étude sur la collaboration entre globules blancs et cellules tumorales. L’équipe est talonnée par celle d’Alan Evans, de l’Ins­titut et hôpital neurologiques de Montréal, qui a contribué à la création de l’atlas BigBrain. Félicitations à tous!

Retrouvez les entrevues vidéo des 10 lauréats sur notre site. Les entrevues sont aussi disponibles sur le site de Canal Savoir et en vidéo sur demande, en version d’une demi-heure.

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