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Sciences

Médicaments: de la poudre au comprimé

26-07-2019

L’usine de Montréal a la capacité de produire pas moins de 2,5 milliards de comprimés chaque année. Photo: Jean-François Hamelin

Dans un décor dominé par le blanc des murs et le métal des appareils, nous avons suivi le parcours des médicaments génériques en comprimés.

Vêtus d’un sarrau, de lunettes de protection et d’un filet pour les cheveux, les employés s’affairent autour des machines pour fabriquer et empaqueter l’un des 300 médicaments commercialisés par la compagnie Pharmascience. L’usine de Montréal a la capacité de produire pas moins de 2,5 milliards de comprimés chaque année, selon Jean-Guy Goulet, chef d’exploitation chez Pharmascience. Outre les pilules, les médicaments qui sortent de l’entreprise prennent la forme de crèmes, d’onguents, de suspensions liquides ou de capsules. Leur particularité ? Tous sont des produits génériques, c’est-à-dire des « copies » de médicaments de marque vendues à moindre coût.

En 2017, les médicaments génériques représentaient 70,6 % des ordonnances au Canada, selon l’Association canadienne du médicament générique. Au pays, un médicament est en effet protégé par un brevet pour une durée de 20 ans. Passé cette échéance, d’autres compagnies pharmaceutiques peuvent reproduire la molécule et la commercialiser sous un nom différent. Les génériques contiennent les mêmes ingrédients actifs que les médicaments d’origine.

Chez Pharmascience, l’équipe de recherche et développement s’emploie en premier lieu à obtenir la meilleure formulation du médicament générique. Elle s’assure que celui-ci agit et est libéré dans le corps de façon semblable au médicament original, ce qu’on appelle « bioéquivalence ». « Pendant cette phase, on établit aussi la durée de vie du médicament avec des études de stabilité. Notre objectif est qu’il se conserve au moins de 18 à 24 mois, un temps suffisant pour la mise en marché », indique Mustapha Kandil, directeur principal de la recherche et du développement.

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Si cette phase prend de deux à trois ans, il en va autrement de l’étape de la fabrication : l’usine peut produire de sept à huit millions de comprimés sur une période de trois jours pour certains médicaments.

De la poudre…

Les matières premières, à l’état de poudre, proviennent en grande partie de l’Inde et de la Chine. Elles sont pesées précautionneusement et mixées dans de grandes cuves. Les ingrédients actifs sont combinés avec différents excipients (substances qui facilitent la déglutition, donnent une saveur, stabilisent le produit, etc.) pour former le comprimé. Dans certains cas, lorsque les éléments se mélangent difficilement, on force cette liaison en ajoutant de l’eau et en introduisant le tout dans un mélangeur à haut cisaillement. On obtient de petits granules, qui ont l’apparence du couscous, dont la composition et la concentration sont uniformes sur le plan des ingrédients actifs. Il faut ensuite passer au séchage pour retirer toute humidité dans une autre machine à lit fluidisé qui les met en suspension dans l’air chaud.

À l’étape suivante, le mélange sec est compressé entre deux poinçons, d’où le terme comprimé. Puis, une machine projette un liquide coloré qui sèche au contact des comprimés. En effet, si la plupart des comprimés sont de couleur blanche, on peut leur ajouter un enrobage coloré, d’une part pour les différencier, mais aussi pour les protéger contre l’humidité, masquer leur goût ou aider à la libération du médicament à l’intérieur de l’intestin. « Les médicaments génériques reproduisent la couleur du médicament d’origine. Si celui-ci est de couleur bleue, on emploiera la même, précise Jean-Guy Goulet. C’est important des points de vue de l’efficacité et du respect du traitement, surtout chez les personnes qui se font prescrire plusieurs comprimés. Si elles sont habituées à prendre une pilule bleue le matin et qu’on utilise une autre couleur, cela peut porter à confusion. »

Pour éviter la contamination, la pression de l’air dans les salles où sont fabriqués les comprimés est plus basse que dans le reste du bâtiment, ce qui permet que la poudre reste à l’intérieur de la pièce. À certaines étapes critiques, les employés doivent enfiler un habit protecteur. C’était le cas au moment de notre passage : on produisait alors de l’oxycodone, un puissant opioïde qui peut s’avérer dangereux pour la santé.

… à la bouteille

Les précieux comprimés sont ensuite mis dans une bouteille ou dans un emballage thermoformé. Ce dernier est composé de plastique et d’aluminium qui protège chaque comprimé contre l’humidité et la luminosité. Sur la chaîne de montage, les machines comptent exactement la quantité de comprimés requise, scellent le produit, ajoutent un absorbeur d’humidité si nécessaire, appliquent l’étiquette, etc. Le médicament est enfin prêt à prendre sa place sur les tablettes de la pharmacie.

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Médicaments: de la poudre aux comprimés

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