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Sciences

Non, 150 000 manchots ne sont pas morts à cause d’un iceberg!

17-02-2016

Non, 150 000 manchots Adélie ne sont pas morts en Antarctique à cause d’un iceberg ! Cette information, notamment diffusée par The Guardian, a été reprise par des journalistes du monde entier. Or, il faut – sérieusement –  la nuancer.

L’étude parue dans la revue Antarctic Science est d’ailleurs beaucoup plus prudente (et ne mentionne en aucun cas la mort de manchots adultes !).

L’iceberg en question a une surface de 100 km² et est venu s’échouer sur la baie du Commonwealth (où se trouvent les colonies de manchots du cap Denison et des îles Mackellar, dont les populations sont en déclin) en décembre 2010. Sa présence, c’est certain, n’est pas une bonne nouvelle pour les manchots nichant là. L’iceberg a rendu l’accès entre la colonie, où les oiseaux se reproduisent, et la mer, où ils se nourrissent, plus difficile. C’est indéniable.

Pour mieux comprendre, il faut savoir que chez les manchots, les deux membres du couple prennent part aux soins parentaux. Si bien que, quand l’un d’eux est sur le nid pour incuber les œufs ou couver et nourrir les poussins, l’autre est en mer en quête de nourriture (pour lui et pour ses petits). A cause de l’iceberg, les manchots doivent parcourir une plus longue distance « à pattes » pour rejoindre l’eau, plus de 60 km… Voilà qui, pour eux, est beaucoup plus coûteux en énergie que de nager.

Autrement dit, l’iceberg a fait de ces colonies des endroits inhospitaliers, inhabitables. Alors les adultes ont vraisemblablement préféré aller se reproduire dans un autre endroit. Et le fait qu’une colonie située non loin de l’iceberg en question voit sa population augmenter appuie cette hypothèse.

Quant à ceux qui restent, ils ont un succès reproducteur faible, les œufs et les poussins étant les premiers touchés. L’étude mentionne d’ailleurs des œufs abandonnés et la présence de carcasses de poussins.

En aucun cas les scientifiques n’ont donc trouvé 150 000 carcasses de manchots.

Photo: Stan Shebs

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