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Sciences

Non, l’astronaute Kelly n’a pas perdu 7% de son génome!

16-03-2018

Une mauvaise interprétation des résultats de santé de l’astronaute américain Scott Kelly ont résulté en des titres de journaux plutôt gênants. 

Scott Kelly a passé un an dans la Station spatiale internationale, jusqu’en mars 2016; c’était le plus long de ses quatre voyages dans l’espace. À la suite des données préliminaires diffusées par la NASA, des médias ont annoncé que depuis son retour, il n’était plus le jumeau identique de son frère, puisque 7% de son génome s’était modifié dans l’espace. Considérant que les génomes de tous les êtres humains sont identiques à 99%, c’était toute une nouvelle!

La réalité est tout autre que ce que les grands titres ont présenté, bien sûr. Rappelons que les frères Kelly sont tout deux astronautes et font partie de la Twins Study. Scott a visité la Station spatiale internationale, tandis que Mark est resté sur Terre. Évidemment, la variation de 7% équivaut plutôt à la portion des changements dans l’expression des gènes qui sont demeurés au retour à la maison.

Il est vrai que Scott Kelly n’est plus tout à fait le même. Dans l’espace, l’expression de ses gènes a changé, de façon minime.

Ce n’est pas étonnant, car l’environnement influence le « travail » ou l’activité des gènes. Lorsque vous plongez dans l’océan ou que vous posez le pied au sommet de l’Everest, la manière dont l’information stockée dans les gènes est utilisée pour faire fonctionner les cellules est modifiée. Lors du retour au bercail, la situation revient à la normale. Mais ce n’est pas le cas pour Scott Kelly.

Environ 7 % des changements observés dans l’expression de ses gènes dans l’espace persistaient six mois après son retour sur Terre, selon les données diffusées par la NASA. Son corps fonctionne donc un tout petit peu différemment de celui de son frère jumeau identique. Mais son ADN n’a pas changé!

Chris Mason, chercheur du Weill Cornell Medical College, nomme les gènes affectés «les gènes de l’espace.» La mesure des métabolites, des cytokines et des protéines tout au long du voyage et au retour a permis aux chercheurs d’identifier que le manque d’oxygène, l’inflammation et un changement dans l’apport en nutriments expliquent les modifications.

Outre cette transformation, Scott Kelly a perdu du poids et son niveau d’acide folique, qui était bas avant son départ, a augmenté durant son vol, probablement en raison de meilleurs choix alimentaires à bord de la station. La NASA a également précisé que les capacités cognitives de Kelly n’avaient pas diminué même si sa mission était plutôt longue. Toutefois, on a remarqué que son temps de réaction est plus lent depuis son retour; cela est probablement dû à un réajustement à la gravité ou simplement à son horaire surchargé.

Ces résultats sont les premiers qui utilisent la génomique pour évaluer les risques potentiels de l’espace sur l’organisme, lors d’un séjour de longue durée. La NASA a indiqué qu’une étude approfondie paraîtra plus tard cette année.

Photo: NASA

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