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16 octobre 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Les prix Nobel 2025 célèbrent la recherche fondamentale

Photo montage Wikimedia Commons

Si l’an dernier, l’intelligence artificielle volait la vedette, cette année, les prix Nobel en science honorent la recherche fondamentale.

Prix Nobel de physiologie ou de médecine : les défenses immunitaires

On l’oublie parfois, mais notre système immunitaire est une arme redoutable et complexe contre les envahisseurs de toutes sortes. Trois scientifiques, Mary E. Brunkow, Fred Ramsdell et Shimon Sakaguchi, se sont vu décerner le prix Nobel pour leurs travaux sur la tolérance immunitaire périphérique, un mécanisme qui empêche le système immunitaire d’attaquer ses propres cellules.

Notre système immunitaire sait distinguer un intrus d’une cellule du corps, notamment grâce aux molécules qui s’affichent à la surface des virus ou des bactéries pathogènes.

Certains globules blancs sont toutefois trop intolérants et peuvent s’en prendre à des cellules du soi, ce qui risque de causer des maladies auto-immunes. Le rôle des lymphocytes T régulateurs (regulatory T cells) est justement de contrôler les autres cellules immunitaires et d’empêcher les réactions excessives.

En comprenant un peu mieux ces mécanismes, ces travaux ont permis le développement de traitement contre le cancer et les maladies auto-immunes ainsi qu’à de meilleurs succès pour la transplantation d’organes.

Prix Nobel de chimie : les architectes de la matière

Le Nobel de chimie a été attribué à Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yaghi. Ils ont été les premiers à fabriquer des réseaux métallo-organiques (metal-organic frameworks ou MOF en anglais). Ces structures sont formées de molécules organiques reliées entre elles par des atomes métalliques. Le tout forme un réseau nanoporeux qui a la capacité d’emprisonner, de filtrer ou de stocker diverses molécules.

Les MOF ont un vaste potentiel d’applications : ils peuvent servir à éliminer les polluants comme les PFAS et les médicaments dans l’eau, à capturer le CO ou encore à recueillir l’humidité présente dans l’air des déserts.

Signe d’une réussite chimique architecturale, cette découverte a stimulé la recherche dans ce domaine. Aujourd’hui, on compte plus de 10 000 MOF synthétisés en laboratoire.

Prix Nobel de physique : le monde du très petit

On le dit souvent : les lois de l’infiniment petit ne s’appliquent pas au monde observable. Sauf pour certaines d’entre elles… C’est ce qu’ont montré John Clarke, Michel Devoret et John M. Martinis, qui ont remporté le prix Nobel de physique pour leurs expériences en physique quantique, plus spécifiquement sur l’effet tunnel.

À l’échelle de l’infiniment petit, une particule est capable de franchir une barrière d’énergie qu’elle ne devrait pas pouvoir traverser. Pour imaginer le tout, prenons une balle de tennis. Lorsqu’elle est lancée contre un mur, elle rebondit. Mais dans l’univers quantique, cette balle passerait à travers le mur : c’est ce qu’on appelle l’effet tunnel. Le trio de physiciens a réussi a montré l’existence de cet effet tunnel à grande échelle dans les matériaux supraconducteurs.

Cette question est cruciale en physique : jusqu’à quelle échelle de taille peut-on conserver les effets de mécanique quantique? Pour mettre au point un ordinateur quantique, par exemple, il faut être capable de maîtriser ces propriétés à grande échelle. Ces travaux jettent donc les bases de l’informatique quantique.

Avant l’annonce officielle, le comité du prix Nobel contacte par téléphone la personne lauréate pour lui annoncer l’heureuse nouvelle. Il arrive que le lauréat ou la lauréate soit injoignable pour différentes raisons. Voici quelques anecdotes qui font sourire :

Il était parti camper

Fred Ramsdell, qui a gagné le prix Nobel de médecine 2025, était loin de se douter qu’il allait recevoir cet honneur : il était parti en randonnée avec sa femme dans les montagnes Rocheuses, au Montana, et avait mis son cellulaire en mode avion. Il n’a su la bonne nouvelle que 12 heures plus tard, lorsque le cellulaire de sa conjointe a regagné du service et a été inondé de messages de ses proches concernant son prix.

Ceci n’est pas une blague

Le lauréat de 2021 du prix Nobel de chimie, David MacMillan, a cru à un coup de téléphone. Il n’a pas répondu à l’appel provenant de la Suède très tôt le matin. Et il croyait que c’était une blague lorsque Benjamin List, son collègue et aussi co-lauréat du prix Nobel, lui a annoncé la bonne nouvelle. M. MacMilan a même dit à ce dernier qu’il misait 1 000 $ dollars américains que c’était un coup monté. Il s’est rendu compte un peu plus tard que c’était bel et bien vrai!

Un voisin à la porte

Paul Milgrom, le lauréat du prix Nobel d’économie en 2020, s’est fait réveiller aux petites heures du matin par son voisin et collègue, qui venait d’apprendre lui aussi qu’il avait remporté le prix Nobel. Le moment a été immortalisé par sa caméra. À voir juste ici :

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