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Sciences

Se toucher ou être touché: comment le cerveau fait la différence

25-01-2019

Photo: Thor Balkhed/Linköping University

Différentes zones du cerveau s’activent en réaction à notre propre toucher et à celui d’un autre.

Être capable de déterminer que ces doigts qui nous grattent sont bel et bien les nôtres, cela semble aller de soi. Mais une série de mécanismes sont en branle dans le cerveau pour faire la distinction entre nos propres contacts avec notre corps et les contacts physiques avec d’autres personnes, selon une étude dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les chercheurs de la Linköping University, en Suède, ont remarqué qu’une région du cerveau était désactivée lorsque l’on se touche soi-même.

Pour en arriver à cette conclusion, l’équipe scientifique a fait appel à 54 volontaires. À l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, un appareil qui permet d’observer le cerveau en action, l’équipe a demandé aux volontaires de réaliser trois scénarios différents : se caresser l’avant-bras gauche avec sa main droite, se laisser toucher par un des expérimentateurs de la même manière et toucher un oreiller (ce dernier servait de contrôle). Chaque processus, qui dure 12 secondes, a été répété dix fois.

Selon Rebecca Böhme, auteure principale de l’étude, les chercheurs ont observé une différence très nette entre les images cérébrales captées lorsqu’un participant était touché par quelqu’un d’autre et lorsqu’il se touchait lui-même. Dans ce dernier cas, l’activité dans plusieurs zones du cerveau a été réduite (cortex insulaire, cortex cingulaire antérieur, complexe amygdalien, zones préfrontales…).

«Nous constatons que cette différence apparaît dès la moelle épinière, avant même que les perceptions ne soient traitées dans le cerveau», explique celle-ci dans un communiqué. Le cerveau serait en alerte pour réagir aux stimuli inconnus, mais atténuerait ceux issus de notre propre corps.

Cette différence de perception est un apprentissage du cerveau qui s’effectue dès les premiers moments de vie.

Effet analgésique

Dans une seconde partie de l’expérience présentée aux volontaires, leur avant-bras était simultanément touché par un filament (utilisé pour mesurer la sensibilité) et par l’expérimentateur ou bien par le filament et la personne elle-même.

Ils ont remarqué que la perception sensorielle du filament diminuait lorsque les personnes caressaient leur propre bras en même temps que le filament comparativement à l’autre scénario, comme si notre propre toucher procurait une sorte d’«effet analgésique».

Ces résultats de recherche pourraient aider à pousser plus loin les connaissances sur la schizophrénie, car la distinction dans le toucher est possible grâce à une notion claire du « soi ». Habituellement, l’humain ne parvient pas à se chatouiller lui-même, ce que certains patients atteints de schizophrénie arrivent à faire, «suggérant que leur cerveau interprète différemment les perceptions sensorielles de leur propre corps».

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