Publicité
Sciences

Un résumé d’étude sur 5 est incompréhensible

15-09-2017

Les études scientifiques sont de plus en plus difficiles à lire, conclut une étude récente, qui jette le blâme sur le jargon scientifique.

L’image du chercheur emmuré dans la tour d’ivoire de la science a la peau dure, mais parfois pour une bonne raison. Une étude parue dans la revue scientifique eLife la semaine dernière conclut que les articles scientifiques sont de plus en plus difficiles à lire pour cause de « jargonite » aiguë.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs du Karolinska Institute, en Suède, ont examiné les résumés de 709 577 études publiées entre 1881 et 2015. Celles-ci ont été récupérées dans le moteur de recherche PubMed et provenaient de 123 journaux fréquemment cités (Nature, Science, The Lancet, etc.) dans douze champs de recherche différents.

Puis, ils en ont analysé la lisibilité à l’aide de deux outils reconnus en la matière : le Flesch Reading Ease ainsi que New Dale-Chall Readability Formula. L’indice fourni par le premier varie selon la longueur des mots et des phrases, tandis que le second prend davantage en compte la présence de mots peu communs dans le vocabulaire du quotidien.

« Jargonite » aiguë

Le groupe de chercheurs a observé que les résumés tendent à être de moins en moins compréhensibles au fil du temps. Par exemple, 14 % des articles de 1961 se situaient au-delà du niveau de compréhension d’un bachelier. Plus de cinquante ans plus tard, en 2015, ce pourcentage a grimpé à 22 %.

Autrement dit, c’est environ un résumé d’article scientifique sur cinq qui, aujourd’hui, ne peut être compris par la vaste majorité des détenteurs d’un diplôme de niveau universitaire.

Plusieurs hypothèses sont avancées par les chercheurs pour expliquer ces résultats. La principale et la plus probable : une hausse généralisée de l’usage de mots relevant du jargon scientifique non spécifique à des domaines de recherche, comme les mots « paradigme » et « symbiotique » qui, lorsque balancés au beau milieu d’une phrase, l’obscurcissent instantanément…

Publicité

À lire aussi

Sciences

Les recherches les plus loufoques au monde

Le grand prix Nobel Ig, qui souligne la recherche improbable, a été remis à une scientifique pour la conception d'un soutien-gorge qui se transforme en masque protecteur.
Sciences

Voici à quoi ressemblait Cheddar Man, il y a 10 000 ans

Le plus ancien britannique connu avait la peau noire... et les yeux bleus.
Marine Corniou 08-02-2018
Les 10 découvertes de 2012

Découvertes de l’année 2012

Dans cette vingtième édition des découvertes de l’année au Québec, la science québécoise a pris un coup de jeune. Sur les quelque 85 candidatures reçues, environ la moitié ont comme premiers auteurs des étudiants à la maîtrise ou au doctorat, supervisés bien sûr par un directeur.
Joël Leblanc 13-12-2012