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Sciences

Une superbactérie déjoue les désinfectants à l’alcool

19-02-2018

Les désinfectants à main à base d’alcool sont partout : dans les hôpitaux, sur les lieux de travail, dans les restaurants, et sont considérés comme un arsenal efficace contre les microbes. Mais une nouvelle souche de bactérie fera peut-être plier les armes de la petite bouteille.

Dans les hôpitaux nord-américains, on recommande depuis le début des années 2000 le lavage des mains au savon ainsi que l’utilisation d’agent antiseptique tel que l’alcool isopropylique à 70%. Le but: tenter de limiter la propagation des bactéries résistantes aux antibiotiques telles que SARM et ERV (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline et entérocoque résistant à la vancomycine). L’alcool agit rapidement sur les protéines des membranes des bactéries, qui se désagrègent.

Mais voilà que deux chercheurs australiens sonnent l’alarme : les bactéries ERV semblent avoir une tolérance accrue aux désinfectants à l’alcool. De 1997 à 2015, ils ont recueilli 139 échantillons de ERV provenant d’hôpitaux. Les chercheurs ont constaté que « les échantillons récoltés après 2010 étaient dix fois plus résistants à la destruction par l’alcool ». En effet, le génome de la bactérie ERV s’est modifiée à trois endroits, ce qui aurait permis notamment de rendre sa membrane plus imperméable aux désinfectants.

Les chercheurs indiquent que les désinfectants à base d’alcool restent une défense primordiale dans les hôpitaux contre les pathogènes, mais ils mettent en garde contre leur mauvaise utilisation par certains usagers. L’élimination des bactéries est en effet inefficace si le produit n’est pas appliqué uniformément (sa concentration est inférieure à certains endroits des mains ou d’une surface) ou si le temps de contact requis n’est pas respecté.

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