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Sciences

Vivre sans eau, facile pour le tardigrade!

31-07-2017

L’analyse du génome du tardigrade révèle comment ce petit animal, qui semble indestructible, peut vivre sans eau.

Cette petite créature d’à peine 1 mm, aussi appelée ourson d’eau, résiste aux environnements les plus hostiles: vide spatial, températures extrêmes, rayonnement et pression intenses, manque de nourriture et d’eau…

Mais voilà qu’on en sait un peu plus sur son adaptation en période de sécheresse. Des chercheurs britanniques et japonais se sont intéressés à deux espèces de tardigrades, Hypsibius dujardini et Ramazzottius varieornatus. Pour identifier les gènes qui étaient impliqués dans leur capacité à résister, ils ont fait subir une période de déshydratation-hydratation aux tardigrades. Les gènes des deux espèces produisent alors des protéines qui remplacent l’eau et maintiennent la structure de leurs cellules jusqu’au retour de l’eau dans leur habitat. Les tardigrades sont ainsi capables de survivre dans cet état de déshydratation pendant plusieurs années!

L’espèce H. dujardini est un peu plus lente que l’autre espèce à réagir. Elle produit ses protéines protectrices plus lentement: il lui faut 24 heures tandis que R. varieornatus les produit immédiatement.

Cette découverte pourrait faciliter le transport des vaccins vivants, qui doivent être conservés à basse température dans des réfrigérateurs. En utilisant les protéines des tardigrades, par exemple, on pourrait déshydrater le vaccin et le conserver à la température de la pièce.

Mais c’est quoi?
Les tardigrades sont des invertébrés aquatiques microscopiques (moins d’1 mm), dotés de 4 paires de pattes, et dont il existe plus de 1000 espèces.
Si tous les tardigrades ont besoin d’eau pour se reproduire, ils sont aussi capables de tolérer la sécheresse extrême, en entrant en « anhydrobiose ». Dans cet état de dessication, ils sont capables de supporter des conditions extrêmes, que ce soit en termes de température (de −273 °C à presque 100 °C), de pression (7.5 GPa), d’immersion dans des solvants, d’exposition à des fortes irradiations. On a déjà rapporté le cas d’un tardigrade étant revenu à la vie après 120 ans de dessication dans une mousse, bien que les preuves ne soient pas formelles.

Photo: Wikimedia Commons

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