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Sciences

Voyez ces rats qui s’amusent à conduire!

06-11-2019

Photo: Université de Richmond

Les petits rongeurs peuvent apprendre à conduire, ont découvert des scientifiques. Surtout s’ils vivent dans un milieu stimulant.

Dans le passé, des recherches avaient déjà montré que les rats savent reconnaître des objets et s’orienter dans un labyrinthe. Mais des chercheurs de l’université de Richmond, aux États-Unis, ont voulu vérifier si ces rongeurs peuvent accomplir des tâches plus complexes : seraient-ils capables d’apprendre à conduire un véhicule?

Photo: Kelly Lambert de l’université de Richmond

Bien sûr, les chercheurs n’ont pas placé les rats dans un vrai véhicule. Ils en ont plutôt construit un, adapté à la taille de l’animal. Appelé ROV (pour rodent operated vehicle ou véhicule opéré par un rongeur), l’engin est muni de quatre roues et d’une batterie. Il possède un plancher en aluminium et un habitacle en plastique.

Le «volant» est remplacé par trois tiges de cuivre, qui, lorsque pressées, permettent au courant de passer. L’une permet d’avancer et les deux autres de tourner vers la gauche et la droite.

Les 17 rats ayant pris part à cette expérience ont suivi leurs cours de conduite dans une petite arène où ils pouvaient atteindre, seulement en ROV, un lot de céréales Froot Loops. Au fil de la progression de leur apprentissage, la nourriture était placée plus loin.

Apprentissage plus rapide dans un milieu stimulant

Les chercheurs américains voulaient également vérifier un autre aspect. Est-ce que l’environnement a un effet sur la manière d’apprendre? Pour ce faire, ils ont placé une partie des rats dans un milieu «enrichi» : une cage à plusieurs étages où les animaux avaient accès à de nouveaux jouets chaque semaine. L’autre groupe vivait dans une cage standard de laboratoire.

Les scientifiques ont réalisé que le milieu enrichi stimule l’apprentissage. Les rats qui avaient un meilleur habitat apprenaient mieux, alors que l’autre groupe éprouvait des difficultés. De plus, les rats favorisés avaient un plus grand intérêt pour la bagnole et, donc, pour apprendre. Les chercheurs affirment donc que la qualité des cages est importante dans les études se penchant sur le comportement animal.

Pour comprendre l’effet des nouveaux acquis, les chercheurs ont recueilli les fèces des rongeurs pour mesurer la présence de deux hormones : la corticostérone, associée au stress, et la déhydroépiandrostérone (ou DHEA), liée à la résilience. Ils ont constaté que la conduite, c’est-à-dire le gain de nouvelles compétences, faisait du bien aux animaux!

«En mesurant ces hormones, nous avons observé que, peu importe le milieu dans lequel le rat vivait, l’apprentissage de la conduite favorisait la sécrétion de ces hormones dans un ratio favorable, c’est-à-dire plus de DHEA que de corticostérone», indique Kelly Lambert, chercheuse en neurosciences à l’université de Richmond, dans un communiqué de presse.

« Nous avons démontré que l’apprentissage de la conduite se traduisait en un profil plus résistant aux hormones du stress », ajoute-t-elle.

Mais pourquoi se donner tout ce mal pour enseigner la conduite aux rats? Les auteurs affirment que cette étude sert à faire avancer les réflexions sur les apprentissages des humains travaillant avec des «machines». «Le rat représente un modèle approprié pour le cerveau humain à bien des égards, car il possède les mêmes zones et les mêmes substances neurochimiques que le cerveau humain, mais en plus petit, bien sûr», explique Kelly Lambert.

L’équipe de chercheurs a publié ces résultats dans la revue Behavioural Brain Research.

Vidéo (légèrement accélérée) d’un rat qui se déplace dans un ROV. Vidéo: Université de Richmond

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