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Société

Mais poooooouurrrquoi étire-t-on les mots?

12-06-2020

Image: Rudy and Peter Skitterians/Pixabay

Avez-vous pris cette habitude dans vos communications: celle d’étirer certains mots à l’écrit?

« Et c’est le buuuuuuuut! » Pour exprimer et mettre l’emphase sur une émotion, il nous arrive d’étirer certains mots en écrivant à notre entourage, même si on retrouve rarement ces mots déformés dans d’autres contextes, comme dans un roman.

L’utilisation croissante des réseaux sociaux permet à des chercheurs d’étudier ce phénomène orthographique de plus en plus fréquent. Dans une étude publiée dans PLOS ONE, trois mathématiciens de l’Université du Vermont à Burlington ont rassemblé et analysé avec un programme informatique plus de 100 milliards de gazouillis rédigés en anglais sur Twitter entre 2008 et 2016. Les chercheurs sont partis à la recherche de mots extensibles tels que : hahahaha, awesssooommmmme, freeee, infinityyyy, siiiince… Ils en ont tiré une sorte d’arbre généalogique montrant la fréquence de ces mots, ainsi que leur longueur.

Les mots courts comme «haha» ont un potentiel d’étirement élevé, car on peut facilement le répéter. Lorsqu’il s’agit de termes un peu plus longs, les utilisateurs ont tendance à ne répéter qu’une seule lettre, tel que dans «merciiiiiiii».

Question de goût selon les auteurs, on utilise cette forme pour éviter le point d’exclamation ou encore l’émoticône. Les mathématiciens indiquent qu’on emploierait notamment des mots à rallonge pour se démarquer des autres gazouillis, parce qu’ils sont visuellement plus frappants.

Le langage et l’intelligence artificielle

Les travaux des chercheurs pourraient permettre d’améliorer les recherches sur Google ou de mieux filtrer les messages sur les réseaux sociaux. Ils mentionnent qu’en ce moment, les moteurs de recherche sont souvent incapables de chercher une version allongée d’un mot. Pour les besoins de cet article, en tentant de trouver une image, la recherche du terme «hahaha» a généré des images d’automobiles à Cuba. En tapant «hahah»? Les photos d’un hérisson!

Leur recherche pourra également servir à bonifier les algorithmes utilisés par l’intelligence artificielle en linguistique. Par exemple, un algorithme serait en mesure de distinguer entre le «haha» sarcastique du «hahahaha» riant aux éclats. Ou encore de décoder et décortiquer que mercciiiiiiii (qui ne se retrouve pas dans le dictionnaire) signifie «merci», tout simplement. Bref, de s’adapter et de mieux comprendre cette façon de communiquer avec beaucoup de lettres!

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