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Société

Les rues du monde entier deviennent de moins en moins connectées

17-02-2020

Photo: Raphaël Biscaldi/Unsplash

Partout dans le monde, les rues sont de moins en moins interreliées, selon une nouvelle étude. 

Cette recherche, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, est le résultat de sept années de travail pour les chercheurs Christopher Barrington-Leigh, de l’Université McGill, et Adam Millard-Ball, de l’Université de Californie et leur équipe.

Pour établir une carte présentant l’étalement urbain à travers le monde, ils ont créé un «indice de la déconnectivité rues-réseaux». Par exemple, une rue aboutissant à un cul-de-sac possède un indice plus élevé qu’une rue entrecroisée par plusieurs autres. Les villes qui sont construites en grille possèdent donc un meilleur indice.

L’équipe s’est penchée sur 3000 villes, en intégrant des données satellites sur la plateforme Open Street Map. Ils ont ainsi observé qu’entre 1975 jusqu’en 2014, les rues sont devenues de moins en moins connectées entre elles, encourageant l’utilisation de la voiture personnelle au détriment du transport en commun, sans oublier que ces réseaux impliquent des détours. Rien pour aider le bilan carbone des citoyens.

Parmi les villes les moins «connectées» figurent Bangkok (Thaïlande) et Cebu (Philippines). À l’autre bout du spectre se retrouvent les villes de Khartoum (Soudan), Lubumbashi (République Démocratique du Congo) et Luanda (Angola).

« Il nous semble urgent d’attirer l’attention des décideurs politiques du monde entier. Les bâtiments, les voitures et les autres infrastructures peuvent durer des dizaines ou des centaines d’années, mais les routes sont un engagement à très long terme », s’inquiète Christopher Barrington-Leigh, qui appelle à une meilleure planification des nouveaux réseaux routiers, car ils ont un impact économique, mais aussi environnemental.

Étalement nord-américain

Le Canada et les États-Unis se ressemblent beaucoup en matière de développement urbain. «Les constructions des routes ont été déconnectées pendant une grande partie du 20e siècle, mais la situation s’est inversée au milieu des années 90. En moyenne, au Canada, les nouveaux développements sont légèrement plus connectés qu’avant le début du siècle», indique M. Barrington-Leigh.

Dans la région montréalaise, il remarque que les banlieues comprennent beaucoup d’intersections déconnectées et de culs-de-sac. «Ce sont des quartiers assez ou difficilement accessibles. C’est le genre d’aménagement qui ne devrait plus être permis», argue-t-il, car les déplacements reposent sur l’utilisation de la voiture. «Nous devons construire à l’avenir des réseaux routiers mieux connectés».

Le duo propose des mesures pour influencer le développement urbain, dont un «cul-de-taxe», c’est-à-dire, une taxe sur les aménagements en cul-de-sac.

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