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Technologie

Qu’est-ce que la 5G?

02-04-2020

Image: ADMC/Pixabay

Ce nouveau réseau mobile promet d’être plus rapide, plus puissant et plus fiable que jamais.

Il s’agit de la cinquième génération (5G, donc) de normes pour la technologie mobile, qui nous permet de téléphoner et de naviguer sur Internet n’importe où. Ce nouveau réseau sans fil sera plus rapide, plus fiable et plus puissant que jamais, et pourra prendre en charge un nombre faramineux d’utilisateurs.

« On parle d’une augmentation d’un facteur 1 000 par rapport au réseau actuel : 100 fois plus d’appareils connectés avec un débit multiplié par 10. C’est un saut quantique ! » résume Paul Fortier, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université Laval.

La 5G se développe dans les coulisses des opérateurs depuis quelque temps déjà. L’implantation du réseau a commencé dans une vingtaine de pays, et le Canada leur emboîtera le pas cette année. La 5G ne rend pas les réseaux actuels obsolètes, mais viendra plutôt s’y ajouter progressivement.

Environ tous les 10 ans, les opérateurs de téléphonie mobile améliorent les normes du réseau sans fil. Alors que les tout premiers téléphones cellulaires analogiques, lourds et gros comme des briques, permettaient d’acheminer des appels (avec un succès mitigé), la 2G numérique, apparue dans les années 1990, a rendu possible l’envoi de messages textes. Au tournant des années 2000, la 3G a permis les premières connexions sur Internet. À la clé ? Le visionnement de vidéos de chatons en tous lieux et en tout temps.

Et depuis une dizaine d’années, la 4G pousse l’Internet mobile et les usages vidéos encore plus loin. « Avec la 4G, nous avons pu avoir une connexion Internet rapide dans la poche. Grâce à la 5G, ce sera comme si la fibre optique arrivait dans nos poches ! » déclarait John Godfrey, vice-président aux politiques publiques chez Samsung Electronics America, au cours d’une conférence au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas au début de l’année.

Un film pourra ainsi être téléchargé en quelques secondes seulement, à condition bien sûr d’avoir un appareil de nouvelle génération, compatible avec le réseau. La panacée pour les adeptes de Netflix, de jeux en ligne et de réalité virtuelle… même si la plupart des utilisateurs sont déjà comblés par la 4G.

Alors, pourquoi parle-t-on de « révolution » ? En fait, au-delà du divertissement, la 5G a pour vocation de connecter au réseau sans fil tout ce qui ne l’est pas encore : c’est le fameux « Internet des objets ». « La conception de la 4G n’a pas pris en compte la multiplication du nombre d’appareils connectés, explique Georges Kaddoum, professeur au Département de génie électrique de l’École de technologie supérieure de Montréal, précisant que le réseau actuel est déjà saturé par endroits. Avec la 5G, on pourra connecter un million d’appareils par kilomètre carré. »

Alors que l’on compte déjà plus de 20 milliards d’appareils et d’objets connectés à Internet dans le monde, la quantité pourrait doubler d’ici 2025 et atteindre 50 milliards en 2050, selon une étude de Strategy Analytics.

« La 5G va permettre d’avoir un flux continu d’informations, tout simplement, sans les goulots d’étranglement », mentionne Kevin Heffner, directeur de l’innovation au Centre de recherche informatique de Montréal.

Notre vie quotidienne s’en verra changée, avec plus de vidéos de chats, bien sûr, mais aussi un accès facilité au suivi médical grâce à des capteurs connectés par exemple… « Dans l’aviation comme dans d’autres secteurs du transport, les véhicules autonomes, qui ont besoin d’un réseau très fiable avec une faible latence, vont également en bénéficier », dit-il.

La latence, soit le délai de réponse du réseau, sera de l’ordre de la milliseconde. On parle carrément de temps réel ! Une caractéristique essentielle pour que les villes et véhicules intelligents deviennent réalité : on ne veut pas qu’une voiture autonome mette plusieurs secondes à réagir avant de freiner.

Mais c’est le secteur manufacturier qui devrait être le plus bouleversé par ce nouveau réseau. « La 5G rendra possible l’échange massif de données entre un grand nombre de machines et permettra entre autres de limiter les temps morts dans les chaînes de production, mais aussi d’améliorer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement et de logistique », analyse Kevin Heffner.

À tel point que les experts parlent de la quatrième révolution industrielle. « Quand la 4G est arrivée, beaucoup de gens étaient sceptiques ; personne n’avait prédit l’ampleur que prendraient la diffusion en continu (streaming) et les réseaux sociaux. On verra ce que les développeurs inventeront grâce à la 5G », soulignait John Godfrey au CES.

Pour l’instant, les exploits associés aux premiers réseaux 5G sont révélateurs des usages tantôt utiles, tantôt absurdes de la technologie. En avril 2019, un neurochirurgien chinois a opéré un patient dont il était séparé par 3 000 km grâce à un bras robotisé connecté à la 5G, effectuant les gestes sans décalage.

En Corée du Sud, l’entreprise Linkflow propose une caméra à porter autour du cou pour filmer ses vacances à 360° et diffuser la captation en direct… Tandis qu’au CES on ne comptait plus les toilettes, brosses à cheveux ou à dents connectées, les vibromasseurs activables à distance et même les assistants vocaux intégrés à la pomme de douche.

Chose certaine, la 5G est présentée partout dans le monde comme une source de retombées économiques considérables et d’augmentation de la productivité : selon un rapport d’Accenture de 2018, ce nouveau réseau rapportera jusqu’à 40 milliards de dollars par année à l’économie canadienne d’ici 2026 en créant des centaines de milliers d’emplois.

C’est pour quand ?

L’allocation des fréquences aux différents usages (communications civiles, militaires, navales…) est encadrée à l’échelle mondiale par l’Union internationale des télécommunications, un organisme des Nations unies. L’attribution aux fournisseurs de services se fait de façon locale, dans chaque pays.

Ici, c’est Innovation, Sciences et Développement économique Canada qui accorde les licences aux Bell, Rogers et autres Telus. « En 2019, il y a eu les enchères pour la bande des 600 MHz ; cette année, ce sera le tour des 3 500 MHz et l’an prochain celui des ondes millimétriques », explique Eric Smith, premier vice-président de l’Association canadienne des télécommunications sans fil, qui regroupe la plupart des fournisseurs de services et d’équipement sans fil du pays. L’implantation de la 5G se fera donc de façon progressive, sur une dizaine d’années, à mesure que les autorités décideront de libérer de nouvelles fréquences.

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