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Le lavage des mains décortiqué

Par Maxime Bilodeau - 22/06/2017
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Pour se débarrasser des bactéries, seule la durée du lavage des mains est importante, conclut une étude sur le sujet.

Qu’est-ce qui distingue un bon lavage de mains d’un moins bon? Pour le trouver, une équipe américaine de l’université Rutgers, aux États-Unis, a littéralement décomposé ce geste du quotidien en plusieurs variables distinctes: la durée du lavage (20, 10 et 5 s), le type de savon utilisé (antibactérien et doux), la quantité de savon utilisé (2, 1 et 0,5 ml) ainsi que la température de l’eau (38, 27 et 15 °C).

Pour mesurer l’efficacité de chacune, les chercheurs ont délibérément contaminé les mains de vingt volontaires (10 hommes et 10 femmes) à l’aide d’une souche de bactérie inoffensive d’Escherichia coli. Puis, ils leur ont demandé de tester toutes les combinaisons de lavage de mains possibles afin d’enlever les bactéries de leurs mains.

Leur but: comparer l’efficacité de chacune à un lavage de main standard de 5 secondes, avec 1 ml de savon doux sous une eau à 38 °C.

Aux poubelles, les antibactériens!

Le comptage de bactéries après chaque passage sous le lavabo a révélé, sans surprise, que le type et la quantité de savon n’amélioraient en rien l’hygiène des mains. Le savon antibactérien, à base de chloroxylénol, n’était donc pas plus efficace qu’un banal savon doux.

Doté d’une fonction comparable au triclosan, un perturbateur endocrinien notoire, le chloroxylénol n’a pas encore été évalué en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Dans une décision récente, le gouvernement fédéral a d'ailleurs recommandé d’ajouter le triclosan à la liste des substances toxiques, sans toutefois en interdire l’usage comme l’ont fait les États-Unis.

De manière plus surprenante, la température de l’eau s’est aussi avérée de peu d'importance. Que l’eau ait été chaude, tiède ou froide, peu importe: les mains n’étaient pas plus propres.

Seule la durée compte

Finalement, seule la durée du lavage faisait une réelle différence. Les participants qui se sont frotté les mains pendant vingt secondes plutôt que cinq quintuplaient la quantité de germes éliminés. Une tendance similaire a aussi été notée pour un passage de dix secondes sous le lavabo par rapport à celui de cinq secondes.

De l’aveu même des chercheurs, la technique de lavage des mains, différant d'un participant à l'autre, a grandement influencé les résultats. Un petit bémol, donc.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Journal of Food Protection.
 

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