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Reportages

Biodiversité: À la rescousse du bush

Par Jean-Pierre Rogel - 31/03/2015
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Du haut de la colline qui domine sa propriété, Tony Magee pointe du doigt un bosquet: «Là-bas! dit-il. À l’ombre des grands arbres! Un petit groupe…» Au début, je ne vois rien, puis je distingue des silhouettes de kangourous. «À cette heure, explique le fermier, ils se reposent. Mais ils vont repartir.» Et ils créent des dégâts? «Bien sûr, ils broutent l’herbe destinée à mes moutons.» Les kangourous sont-ils donc un fléau? «Je ne le vois pas comme cela, répond Tony. Nous avons la chance d’être un pays développé, riche en animaux sauvages et peu peuplé. Avec de l’intelligence et de la chance, nous pouvons protéger notre biodiversité sans manquer de terres productives.»

L’Australie est l’un des 17 pays que le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (WCMC), une agence du Programme des Nations unies pour l’environnement, a qualifié de «mégadivers». Ce sont les pays les plus riches de la planète en matière de biodiversité, car ils détiennent ensemble plus de 70% des espèces végétales et animales, et chacun présente un fort degré d’endémisme, c’est-à-dire d’espèces qu’on ne trouve nulle par ailleurs. «Mais alors que la grande majorité des autres pays mégadivers sont pauvres, ce n’est pas le cas de l’Australie, et cela crée des responsabilités sur le plan mondial; nous devons donner l’exemple», fait valoir James Fitzsimons, directeur de la conservation, pour l’Australie, de l’ONG The Nature Conservancy.

Le pays, immense, possède 37 000 km de côtes riches en vie marine, mais aussi des plaines, des déserts, des forêts tropicales et des montagnes enneigées l’hiver. Si on fait exception d’un cordon littoral où se concentre 75% de la population comptant 23 millions d’habitants, on trouve encore de vastes zones naturelles ou peu perturbées. L’exploitation intensive des ressources naturelles est somme toute assez récente, puisque que c’est seulement il y a deux siècles et demi, en avril 1770 pour être précis, que le capitaine James Cook a débarqué et revendiqué ces terres au nom de couronne britannique.

Cela dit, l’impact qu’ont eu les colons européens sur l’environnement a été majeur. Dans un bilan publié par le Journal of Plant Ecology en 2011, Corey Brad­shaw, un biologiste réputé de l’université d’Adélaïde, résume de manière lapidaire: «En tout, l’Australie a perdu 40% de ses forêts et la végétation native qui reste est très fragmentée. À mesure que la colonisation se déployait, la déforestation touchait principalement les sols les plus fertiles, situés près des côtes.» Dans l’intérieur du pays, l’élevage extensif a perturbé l’équilibre écologique des prairies et des savanes. Au total, 50 espèces de mammifères et d’oiseaux ont disparu, ainsi que 75 espèces de plantes. Il faut ajouter les ravages des espèces introduites, comme le lapin et le renard roux, qui sont devenues sauvages et incontrôlables. Avant d’inspirer des romans et des films, les rabbit-proof fences ont été une réalité australienne.
Dans ces conditions, reste-t-il une biodiversité à célébrer et à protéger?

Lire la suite dans notre numéro d'avril-mai 2015 ou en pdf.


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