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Reportages

La science peut-elle définir l'école idéale ?

Par Jean-Benoît Nadeau - 24/08/2017
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Une école où les enfants réussissent et où les taux de décrochage sont négligeables, ça existe ! Et ce, grâce aux « données probantes », une approche qui fonctionne, mais qui est chaudement débattue.

En 2005, la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN) à Saint-Jérôme est frappée de plein fouet par des statistiques affligeantes : le taux de décrochage grimpe à 43 %. Chez les garçons, 52 % ! « Ça nous a fait très mal », se rappelle Katia Lavallée, directrice à l’école primaire Sainte-Anne, à Mirabel.

Douze ans plus tard, la commission scolaire a mis fin à l’hémorragie. Mieux, ses élèves réussissent maintenant de façon éclatante. « En 2016, le taux de réussite en lecture en sixième année est passé de 79 % à 93 %, dit Sébastien Tardif, directeur général adjoint à la réussite scolaire à la CSRDN. On s’attend même à une forte hausse du taux de diplomation. »

Sébastien Tardif ne le dit pas tout haut, mais il se pourrait que la CSRDN réussisse le coup de l’Ontario qui a augmenté le taux de diplomation de 68 % à 85 % depuis 2003 – et jusqu’à 91 % dans les conseils scolaires francophones – alors que la moyenne québécoise, elle, est passée de 69 % à 74 %. « Une différence inacceptable, juge Égide Royer, professeur associé au département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval, à Québec. Un jeune né à l’ouest de la rivière des Outaouais a entre 10 % et 20 % plus de chances d’obtenir son diplôme secondaire juste parce que le Québec a opté pour des approches trop souvent fondées sur des croyances plutôt que sur des données empiriques. »

Le secret de la CSRDN, comme celui de l’Ontario (et aussi de l’Iowa et du Massachusetts, qui obtiennent des résultats comparables), se résume à deux expressions qui créent une polémique dans le milieu de la recherche et dans les couloirs du ministère de l’Éducation du Québec : les « données probantes » et « l’enseignement efficace ».

Les données probantes, c’est l’idée qu’on peut soumettre la pédagogie à une analyse empirique et statistique pour établir ce qui marche et ce qui ne marche pas, à quel degré, et dans quelles conditions. L’enseignement efficace, lui, est une approche pédagogique qui implique une rétroaction constante entre l’enseignant et les élèves, ainsi que la collaboration entre les enseignants entre eux, et avec l’institution.
Bref, le but est de fonder les pratiques éducatives sur des « preuves », ou du moins sur des données scientifiques. Et de rester attentif aux signaux qu’envoient les élèves. « Le message principal, c’est qu’il faut arrêter d’improviser », résume Égide Royer.

Le concept paraît simple. Mais, au Québec, on commence tout juste à le mettre en application.

Photos: Virginie Gosselin

>>> Lire la suite de ce reportage dans le numéro de septembre 2017


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