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Reportages

Les super-pouvoirs du blob

Propos recueillis par Annie Labrecque - 05/10/2017


Ni animal, ni végétal, ni bactérie, ni champignon, le « blob » n’a plus de secrets pour Audrey Dussutour qui l’étudie depuis presque 10 ans. Elle nous présente les talents cachés de cet étrange organisme unicellulaire.

Il a été surnommé « blob » en référence à un film américain de 1958 où une masse grossit au fur et à mesure qu’elle engloutit des humains, mais il ne lui ressemble en rien, hormis par son aspect gluant. Cet organisme, dont il existe plus de 1 000 espèces différentes, semble disposer de « pouvoirs » infinis. On le dit presque immortel. Découpé en morceaux, il cicatrise rapidement pour former plusieurs nouveaux blobs. Dépourvu de cerveau, il pourrait pourtant nous être utile pour décontaminer les sols, optimiser les réseaux d’aqueduc ou de télécommunications. Selon Audrey Dussutour, éthologiste au Centre national de la recherche scientifique en France et auteure du livre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans jamais oser le demander (éditions des Équateurs), paru en 2016, cet organisme sorti de l’ombre n’a pas fini de surprendre !

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Québec Science : Qu’est-ce que le blob ?

Audrey Dussutour : C’est un amibozoaire, un organisme unicellulaire qui existe depuis des millions d’années, mais il passe inaperçu, car la plupart des gens le confondent avec un champignon. Les scientifiques ont eu de la difficulté à le classifier, car il produit des spores comme un champignon et des pigments comme une plante. En plus, il mange et bouge comme un animal [NDLR : il se déplace au rythme de 4 cm/h] !
Le blob, préférant les endroits sombres et humides, vit souvent sur les écorces d’arbre et les bois morts. Certains blobs vont croître sous la neige, dans les régions montagneuses comme les Alpes et même dans certains milieux désertiques. Je suis sûre qu’il y en a plein dans les belles forêts du Québec. Il est impossible qu’il n’y en ait pas !

Leur nombre reste inconnu, mais une équipe de scientifiques a compté 50 blobs par gramme de sol dans une forêt en Virginie, aux États-Unis.

Il a un rôle fondamental de recycleur dans l’écosystème, ses déchets servant à nourrir les plantes et les champignons. Si les blobs disparaissaient de l’environnement, il n’y aurait plus de plantes !




Lire la suite dans notre numéro d'octobre-novembre 2017.

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