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06 octobre 2021
Temps de lecture : 3 minutes

Le meilleur de la culture scientifique – septembre 2021

Voici les propositions culturelles de notre journaliste: une exposition virtuelle, un balado sur le monde marin et des livres à découvrir.

ÉCOUTER

Le chœur de l’océan

Il n’y avait pas de meilleur moment pour plonger les microphones sous l’eau et écouter la vie dans l’océan que pendant la première moitié de 2020, alors que la COVID-19 clouait le trafic maritime au port, réduisant la pollution acoustique sous-marine. Cette période, que des chercheurs ont baptisée « Anthropause », était une occasion unique dont a profité l’équipe derrière The Sound Aquatic. Dans ce balado, des scientifiques partagent leurs enregistrements et s’en servent pour alimenter les discussions sur la façon dont les animaux marins s’orientent et se séduisent. Une plongée sonore instructive, agrémentée du doux cliquetis des crevettes, du chant des rorquals et du babil des larves.

The Sound Aquatic : The Ocean and the Anthropause, cinq épisodes d’une vingtaine de minutes chacun, à télécharger sur votre plateforme de balados préférée.

 

VOIR

Image: HGM200.com

La fête à l’hosto

Des percées technologiques et scientifiques, deux pandémies (grippe espagnole et COVID-19), deux guerres : l’Hôpital général de Montréal en a vu de toutes les couleurs au cours de ses 200 années d’existence. Dire qu’à ses modestes débuts il ne comptait que… quatre lits ! À l’occasion de cette année anniversaire, l’établissement hospitalier − qui a établi la première faculté de médecine au Canada, celle de l’Université McGill − offre au public une généreuse exposition virtuelle revenant sur ses moments et innovations charnières. Appuyée par de captivants documents d’archives, l’exposition en quatre chapitres ne lésine pas sur les détails. Elle explore autant la médecine de guerre et les limites des traitements médicaux pré-Louis Pasteur que ses liens avec le Canadien de Montréal ou le combat des femmes pour faire reconnaître la profession d’infirmière. Le tout en effleurant une parcelle de l’histoire de la métropole, puisque pendant ce temps l’hôpital a été au chevet d’une ville en pleine urbanisation.

Exposition du 200e anniversaire de l’Hôpital général de Montréal, hgm200.com

 

REGARDER

Bouillon de culture

James Cameron est bien connu pour son amour des profondeurs et des projets colossaux (Titanic, Avatar). Il n’est donc pas étonnant de le retrouver à la réalisation du documentaire Le secret des baleines. Chacun des quatre épisodes de cette minisérie de National Geographic s’orchestre autour de géants des mers − l’épaulard, la baleine à bosse, le béluga et le cachalot − et lève le voile sur leur culture, chose qu’on croyait jusqu’alors réservée aux humains. C’est exactement là que la série se distingue, dans sa capture de moments forts de transmission intergénérationnelle. On découvre ainsi des traditions de chasse, des dialectes et des routines migratoires. Un spectacle grandiose.

Le secret des baleines, sur Disney+, quatre épisodes de 45 minutes.

 

LIRE

Libérez le trésor

Pendant des milliers d’années, cette puissance érotique qu’est l’éjaculation féminine a été célébrée et auréolée dans les textes anciens. Mais au cours des années 1930, elle a disparu de la littérature médicale. Ce « flux de joie » est soudainement devenu tabou, embarrassant, honteux. Dans son passionnant essai Fontaines : histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, l’Allemande Stephanie Haerdle propose aux femmes (et aux hommes) de le redécouvrir en remontant le fil de son histoire en montagnes russes. Ce nectar a été à la fois source de fierté au Rwanda, ignoré par les féministes occidentales (sous prétexte qu’il est un « fantasme misogyne déguisé »), embrassé par les militantes de la pornographie des années 2000, puis censuré en Grande-Bretagne (car les autorités y voyaient une forme d’urolagnie). Si de nombreux chercheurs et spécialistes s’interrogent sur la composition du fluide en vedette, l’ouvrage se fait surtout un devoir de l’honorer et se veut une vibrante invitation à la réappropriation du corps féminin et de sa sexualité.

Fontaines : histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, par Stephanie Haerdle, Lux éditeur, 311 p.

 

Image: Fides

La vraie nature

Véritable mine d’or d’informations et de conseils, Le jardin vivrier : autosuffisance et non-travail du sol documente le potager nordique de Marie-Thérèse Thévard avec une telle générosité que cela en fait un incontournable pour les maraîchers. Sa fille Marie révèle aux apprentis comme aux initiés les secrets maternels pour cultiver fruits, légumes et légumineuses selon les principes de la permaculture et en faisant confiance au « génie du sol ». Dans ce guide pratique rythmé par les mois de l’année, le lecteur apprend autant à commencer un jardin que le b.a.-ba des semis, la lutte contre les ravageurs et la préservation des récoltes. En plus d’être abondamment illustré, il lègue recettes et calendriers et glisse même quelques trucs sur l’installation d’un poulailler. Le tout transpire tellement l’amour de la terre et de la nature qu’il réussira assurément à faire germer bien des projets.

Le jardin vivrier : autosuffisance et non-travail du sol, par Marie Thévard, Écosociété, 384 p.

 

Image: Martin PM

Territoire fantastique

Les promenades en ville et les escapades en voiture prennent une tout autre dimension pour les enfants avec La préhistoire du Québec en main. Au fil d’explications truculentes, le vulgarisateur et passionné des temps préhistoriques Patrick Couture initie les jeunes aux premières lueurs de vie sur notre vaste territoire. Chacun des trois premiers tomes (Dinosaures et animaux disparus ; Météorites, roches et fossiles ; Cataclysmes et changements climatiques) révèle à quel point l’endroit où l’on habite s’est métamorphosé au fil des âges. On y apprend une foule de choses : des pieuvres de la taille d’un autobus scolaire ont vécu dans le sud du Québec ( !) ; les Laurentides auraient déjà été plus hautes que l’Himalaya ( ! !) ; et l’absence de fossiles de dinosaures dans notre sous-sol ne veut pas dire qu’ils n’ont pas un jour vagabondé dans les parages. Des faits à décrocher la mâchoire que Martin PM illustre avec punch. Les trois tomes suivants de cette délicieuse collection paraîtront au cours de 2022.

La préhistoire du Québec, 3 tomes, par Patrick Couture et Martin PM, Éditions Fides, 48 p.

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