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12 mai 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Milieux humides, kayak à la dérive et purée de lentilles: tour d’horizon de la finale de Ma thèse en 180 secondes

Image: Acfas

Dix-neuf candidats ont épaté le public lors de la finale nationale 2022 du concours Ma thèse en 180 secondes, qui s’est tenue le 11 mai à l’Université Laval, à Québec.

Depuis 2012, ce concours de l’Acfas rassemble chaque année des étudiants au doctorat issus d’universités de tout le Québec pour relever un défi de taille : résumer en seulement trois minutes plusieurs années de travaux de recherche. Le jury départage ensuite les candidats selon divers critères, comme la fluidité du discours, les qualités oratoires, l’utilisation de traits d’humour et, bien sûr, le respect du temps.

De la croissance de la forêt boréale à la résolution de casse-têtes par des ratons laveurs, en passant par l’exposition des goélands aux retardateurs de flammes, les sujets étaient, cette année encore, extrêmement variés.

La grande gagnante, Audréanne Loiselle, doctorante à l’Université de Montréal, a conquis à la fois le jury et le public avec sa présentation sur les milieux humides de bord de lac. Elle a d’abord décrit son intérêt pour les tourbières, marais et autres milieux humides, qui remonte à son plus jeune âge. Elle a ensuite raconté s’être lancée à 15 ans dans un stage d’orientation professionnelle dans ce domaine, une première expérience… marquante : elle a expérimenté « chaleur, humidité accablante, boue collante et puante, nuage d’insectes piquants, bref le festival des désagréments pour une adolescente de 15 ans ».

Ce fâcheux souvenir a vite été remplacé par une passion solide pour ces milieux dont elle a fait son sujet de doctorat. C’est à la question « Comment des trous d’eau puants peuvent-ils rendre un quelconque service à l’humanité ? » qu’elle s’attaque.

Comme un hôpital

Les milieux humides ont en effet de nombreuses vertus et chacun a sa spécialité, a-t-elle expliqué : tandis que les marais permettent de filtrer l’eau, les tourbières servent plutôt à stocker du carbone. Cependant, 87% des milieux humides ont disparu de la surface du globe depuis le début du 18e siècle.

« Imaginez un hôpital qui fonctionnerait à 13% de sa capacité, a illustré Audréanne Loiselle, usant d’une image pour le moins convaincante. Maintenant, imaginez qu’une pandémie frappe cet hôpital. Pour les milieux humides, cette pandémie, ce sont les changements climatiques. »

Sa thèse de doctorat, a précisé la jeune chercheuse, consiste à comprendre quels types de milieux humides sont les plus vulnérables aux changements climatiques, « pour que ce que l’on conserve aujourd’hui continue de répondre à nos besoins de demain ».

Fadoua Dhaouadi, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a obtenu le deuxième prix du jury pour sa présentation sur l’amélioration de la production de cannabinoïdes ; et Ylauna Penalva, qui étudie les mécanismes précurseurs de la maladie d’Alzheimer à l’Université McGill, a remporté le 3e prix.

Mayonnaise et hypothermie

Deux autres prestations ont également retenu notre attention. Auriane Feroussier, doctorante à l’Université Laval, a débuté ses 180 secondes de prestation d’une voix grave : « Je vous contacte aujourd’hui pour une mission de la plus haute importance. »

La mission ? Remplacer la mayonnaise par une sauce à base de purée de lentilles rouges. Les défis sont nombreux : la texture de cette sauce doit être semblable à celle de la mayonnaise, tout en restant moins grasse que celle-ci. À travers une métaphore filée, Auriane Feroussier a entraîné le public dans le démantèlement du « cartel du gras », jusque dans la structure des gouttelettes d’huile qui composent la mayonnaise, « un peu à l’image des trafiquants de drogue qui fonctionnent en réseau ».

Abigaëlle Dussol, doctorante à l’Université du Québec à Rimouski, a surpris le public avec sa mise en scène théâtrale relatant une expédition en kayak en mer qu’elle a effectuée il y a trois ans. Emportée par des courants, elle s’était dangereusement éloignée de la côte avant d’être être miraculeusement retrouvée par la garde côtière, « toujours en vie mais presque en hypothermie ».

C’est ainsi que serait né son projet de thèse: Abigaëlle Dussol travaille maintenant sur l’estimation de la vitesse et du sens du vent grâce à un radar haute fréquence, pour prévoir la dérive « de contaminants comme le pétrole, d’objets, de personnes, ou tout simplement de doctorantes à la surface de l’océan ».

La finale nationale peut être visionnée sur la page Facebook de l’Acfas. Audréanne Loiselle représentera le Canada lors de la finale internationale de Ma thèse en 180 secondes, qui se déroulera à Montréal le 6 octobre prochain.

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