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14 juillet 2025
Temps de lecture : 4 minutes

À lire, à voir, à vivre en famille cet été

Photo: Benoit Rousseau /Centre des sciences de Montréal 2025

Découvrez une sélection de sorties et de lectures qui conjuguent science et culture.

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Aventure inouïe et inuite

Êtes-vous prêt ou prête à partir à la recherche du nanualuk, cet énorme ours polaire qui peuple les légendes du territoire inuit ? Le Centre des sciences de Montréal propose depuis le mois de mars une nouvelle exposition permanente, Nanualuk – Expédition nordique, qui permet de s’immerger non seulement dans la culture du Grand Nord, mais aussi dans la fascinante science qui la sous-tend. Attachez vos tuques ! Direction l’Arctique !

Cette aventure muséale interactive, fruit d’une collaboration serrée avec la communauté inuite et des organismes autochtones, s’adresse surtout aux enfants âgés de 8 à 12 ans, mais tout le monde y trouvera son compte. Précisons d’emblée que, lors des premières minutes de la visite, l’aide d’un adulte pourrait permettre une meilleure compréhension des tâches à accomplir.

L’enfant entreprend sa quête avec une petite pastille de plastique qui fait office de trousseau numérique pour tous les savoirs acquis au fil de son parcours. Un peu partout dans la salle, on retrouve des bornes sur lesquelles apposer la pastille pour « enregistrer » des informations – recueillies à travers des activités et des lectures. C’est là une manière fluide d’optimiser les apprentissages !

Au total, on peut accomplir 21 missions présentées sur autant d’écrans, mais il n’est pas nécessaire de tout ficeler si le temps presse ou si les enfants manquent d’énergie. Chaque segment est indépendant, même si les savoirs finissent par s’entrecroiser et former un grand tout. À la sortie, des postes permettent de boucler la boucle et de compiler nos succès.

Les glaces, les animaux, le langage, les inukshuks, les étoiles, les vêtements, la musique, le feu… Au fil de cette exposition fort réussie, on apprend, on bouge, on teste, on s’active et on réfléchit.

Nanualuk – Expédition nordique, exposition permanente au Centre des sciences de Montréal.

 

Photo: Frédéric Lavoie

Les insectes et nous

À Montréal, sur l’île Sainte-Hélène, la Biosphère met en vedette une nouvelle exposition sur le monde des insectes indigènes du Québec. Montée par l’artiste naturaliste Frédéric Lavoie, Insecta Mundi. Je suis l’animal de la forêt s’appuie principalement sur une œuvre vidéo de 44 minutes, projetée en format 4K sur un écran géant. L’artiste, diplômé en anthropologie, a distillé plus de 40 heures de matériel pour produire ce film, qui a un pied dans le documentaire et l’autre dans le film d’art. M. Lavoie avait comme objectif « de nous faire ressentir les interdépendances dans la nature ». Les défis environnementaux auxquels nous faisons face servent de trame de fond à cette exposition créée en collaboration avec l’Insectarium. Le public pourra aussi consulter une trentaine de fiches informatives sur certains des insectes découverts dans le film. Ce sont nos amis, mais ils sont en danger.

Insecta Mundi. Je suis l’animal de la forêt, à la Biosphère jusqu’au 28 septembre 2025.

 

LIRE

Réfléchir au dire

Dire que notre monde vit au rythme de la communication peut paraître un peu banal, mais le récent essai Dis-moi tout, de l’orthophoniste Agathe Tupula Kabola, fait prendre la mesure de cette affirmation. Et il n’est pas question uniquement des médias sociaux, disons, mais bien de multiples facettes de notre rapport à l’autre et de tout ce qui entoure les messages que nous émettons. Du babil des bébés à l’accent qui nous définit, en passant par l’analphabétisme et les maladies qui freinent nos élans de communications, ce livre ratisse large et bien. Agathe Tupula Kabola, vulgarisatrice aguerrie que l’on entend à l’émission Moteur de recherche sur Ici Radio-Canada Première, adopte un ton simple et oscille entre des infos factuelles et des analyses et des éclairages de son cru. La mise en page est colorée, dynamique et structurée – presque trop, quand on nous surligne en jaune le plus important dans le texte. Mais le message passe bien, le contraire aurait été ironique.

Dis-moi tout : les dessous étonnants de la communication, écrit par Agathe Tupula Kabola, Éditions Cardinal, 372 pages.

 

Lire dans son (petit) coin

Pour être honnête, on ne se tanne pas des livres éducatifs qui décortiquent notre rapport aux excréments, que ce soit à travers une lunette plus scientifique ou plus culturelle. L’ouvrage illustré La puante histoire des toilettes est un peu un mélange des deux, car il livre des notions historiques, mais aussi une foule de faits, notamment sur la composition des déjections, sur la pollution de l’eau et sur la santé publique. Reste que le cœur de cet ouvrage est basé sur l’évolution de nos cabinets d’aisances au fil des siècles et d’un continent à l’autre. Le contenu est instructif et le ton est vraiment amusant, comme le laisse entendre la note sur la couverture : « Ce livre déborde de découvertes dégoûtantes ! » L’équilibre entre la quantité de textes proposés par Olivia Meikle et Katie Nelson et les illustrations hyper colorées d’Ella Kasperowicz est parfait. En plus, le tout est imprimé sur un papier mat de grande qualité – dans ce contexte, il est de bon usage de s’intéresser à l’épaisseur du papier, non ?

La puante histoire des toilettes, écrit par Olivia Meikle et Katie Nelson, illustré par Ella Kasperowicz, Petits génies « Métamorphe », 48 pages. 7 ans et plus.

 

Ornithologues en herbe

Quel est cet oiseau qui laisse filer, été comme hiver, son long « tchic-a-dee-dee-dee » ? En plongeant dans le nouveau guide jeunesse Les oiseaux du Québec, les ornithologues en herbe découvriront qu’il s’agit de la mésange à tête noire. Signé par le vulgarisateur émérite Michel Leboeuf et l’illustratrice Émilie Beaulieu, cet ouvrage est un excellent guide d’initiation pour l’observation des bêtes ailées qui peuplent nos villes et nos campagnes. Après une entrée en matière qui fournit les informations de base, l’ouvrage publié aux Éditions Michel Quintin – haut lieu des guides de nature – propose 20 fiches d’identification d’oiseaux parmi les plus courants au Québec : geai bleu, corneille d’Amérique, carouge à épaulettes, pic chevelu, sittelle à poitrine blanche… L’auteur assaisonne le tout de détails amusants ou étonnants. Saviez-vous que le pigeon « allaite » ses petits ? Le format un peu encombrant du livre en fait surtout une œuvre à consulter avant ou après l’expédition.

Les oiseaux du Québec, écrit par Michel Leboeuf et illustré par Émilie Beaulieu, Éditions Michel Quintin « Les petits curieux », 64 pages. 7 ans et plus.

 

REGARDER

Humains après tout ?

Après avoir présenté la pièce Posthumains sur les planches, la réalisatrice et comédienne Dominique Leclerc dévoile une nouvelle facette de son travail sur le transhumanisme avec un documentaire sur notre rapport au corps et à la technologie. Disponible gratuitement sur le site de l’Office national du film du Canada, le film tourné sur de nombreuses années démarre avec la quête personnelle de l’artiste, aux prises avec un diabète de type 1. Mais on déborde largement vers un champ de réflexions sur notre rapport au corps, à la longévité et à l’éthique face à de possibles augmentations des capacités humaines. Ici, le très personnel rencontre le politique, ainsi que les ambitions des géants de la technologie qui, comme à leur habitude, avancent vite et sans trop de scrupules. Devenons-nous des cyborgs ? Et à quel prix ? Entre craintes et espoirs, Posthumains nous fait réfléchir.

Posthumains, Dominique Leclerc, 88 min. Sur onf.ca.

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