Illustration: Pauline Stive
À chaque tempête ou incendie de forêt, les discours de déni climatique font boule de neige sur les réseaux sociaux. Marie-Eve Carignan suit leur évolution pour en comprendre l’origine.
Nier le réchauffement du climat, rejeter son origine humaine ou encore railler l’électrification du transport… En dépit du consensus scientifique sur les changements climatiques, la désinformation et la défiance climatiques percolent très largement au sein de la population, relayées par les réseaux sociaux et quelques pseudo-médias.
Marie-Eve Carignan, directrice du Pôle médias et cotitulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, suit notamment avec son équipe une centaine de comptes numériques d’influenceurs « dénialistes » canadiens et québécois. « Ils carburent au doute, à la méfiance envers les autorités… et, pour certains, au pétrole », explique la professeure de l’Université de Sherbrooke.
Ces discours affichent divers degrés de résistance aux mesures climatiques, de l’incrédulité à la négation pure et simple. Ils instrumentalisent même les questions climatiques pour renforcer certaines idéologies identitaires, politiques et genrées, telles que le pétromasculinisme – un concept qui associe la consommation du pétrole à la virilité. Plongée dans ce complotisme nouveau genre.
***
Québec Science Où en est la science sur le déni et la désinformation climatiques ?
Marie-Eve Carignan