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21 novembre 2025
Temps de lecture : 1 minute

On connaît maintenant le génome d’Hitler. Et alors ?

Photo: Karsten Winegeart @ Unsplash.com

Des spécialistes en génétique se sont intéressés au génome d’Adolf Hitler et ont repéré des marqueurs prédisposant à des troubles comme l’autisme et la schizophrénie. Il faut se retenir de sauter aux conclusions faciles.

Le nom d’Adolf Hitler t’est probablement familier. Il a été le führer (chef de l’État) de l’Allemagne de 1934 à sa mort en 1945. Sous sa gouverne, le pays a adopté des lois racistes, antisémites et génocidaires, qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale et à la mort de millions de personnes. Pour bien des gens, il est un monstre de l’histoire du dernier siècle.

Des scientifiques britanniques viennent d’annoncer avoir séquencé le génome de cet homme. L’équipe a eu accès à son ADN à partir d’une tache de sang retrouvée sur le canapé où il est mort (Hitler s’est suicidé). Contrairement aux travaux typiques en génétique, les résultats n’ont pas été publiés dans une revue savante officielle, car ce séquençage a été réalisé pour un documentaire télévisé sur le dictateur.

Et qu’a-t-on découvert dans son génome ? D’abord qu’il était atteint du syndrome de Kallmann, affection génétique caractérisée par un sous-développement des caractères sexuels secondaires (chez les hommes : pénis de petite taille, testicules pas complètement descendus dans le scrotum). Une situation qui était déjà connue des historiens.

Mais l’analyse de son génome a aussi révélé une prédisposition élevée pour différentes affections et troubles neurodéveloppementaux : autisme, schizophrénie, trouble bipolaire et psychopathie.

Et alors ? Qu’est-ce que ça signifie ? Rien du tout.

D’abord parce qu’on ne peut PAS faire de diagnostic d’autisme ou de schizophrénie à partir de l’ADN. Les études génétiques ne montrent que des prédispositions, sans pouvoir poser de conclusions. Le diagnostic peut seulement se faire en clinique, durant la vie de la personne.

Mais surtout, suggérer que l’autisme, la schizophrénie ou une particularité physique sont liés à la « monstruosité » d’un dictateur est éthiquement inacceptable. Ces facteurs ne peuvent JAMAIS être la cause de la cruauté de quelqu’un.

Le problème, c’est que certains médias ont publié cette “étude” avec des titres sensationnalistes et sans nuances qui laissent les lecteurs et lectrices tirer exactement ce genre de conclusions stigmatisantes pour les gens qui vivent au quotidien avec l’autisme ou la schizophrénie. Ils et elles ont déjà assez de défis à relever pour qu’on n’ajoute pas le poids de nos présomptions, surtout pour des traits comme la méchanceté.

Personne ne devient dictateur ou ne provoque de génocides simplement en présentant un trouble du spectre de l’autisme. Si des « monstres » parviennent à accomplir des actes monstrueux, c’est surtout parce qu’on les laisse faire.

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