Le Permafrost Tunnel, creusé dans le pergélisol, en Alaska Photo: Alamy/Matt Nolan
Tandis que l’Arctique fond, des scientifiques ont ravivé des bactéries préhistoriques congelées dans le pergélisol pour prévoir leur influence sur le climat.
Véritable capsule temporelle, le pergélisol contient des microorganismes endormis depuis des millénaires. Or, ce sol normalement gelé en permanence commence à dégeler à cause du réchauffement climatique, ce qui réveille certaines bactéries emprisonnées à l’intérieur. Celles-ci se nourrissent en décomposant de la matière organique du sol, relâchant ainsi du CO 2 et du méthane vers l’atmosphère. Mais à quel point ?
Une équipe de recherche de l’Université Boulder, au Colorado (États-Unis), a mesuré l’activité microbienne dans les échantillons de pergélisol ancien. « Nous voulions savoir quels microorganismes se réveillent après toutes années, à quelle vitesse ils se multiplient et quelle quantité de méthane et de CO 2 ils émettent », indique le microbiologiste Tristan Caro, chercheur principal de l’étude publiée dans JGR Biogeoscience en septembre dernier.
C’est la première expérience du genre menée sur du pergélisol profond. Même à plusieurs mètres sous la surface, celui-ci est menacé par la hausse des températures. Le dégel provoque parfois des crevasses et des glissements de terrain qui exposent des pans de sol très ancien aux températures actuelles.
Un site de recherche unique
L’équipe a prélevé des échantillons dans le Permafrost Tunnel, situé près de Fairbanks, en Alaska.