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06 février 2026
Temps de lecture : 1 minute

Des trompes d’insectes pour la micro-impression 3D

Photo: Jimmy Chan @ Pexels.com

Pour obtenir des buses d’imprimantes 3D ultra-fines, des ingénieurs biomédicaux utilisent des trompes de moustiques femelles !  

Pendant l’été, il est fort probable que les moustiques t’ennuient avec leurs piqûres qui démangent. Mais savais-tu que cette capacité des insectes à nous percer la peau pourrait être un outil précieux pour la médecine du futur ? C’est la piste étonnante que des scientifiques de l’Université McGill à Montréal ont explorée. Leur but : utiliser des trompes de moustiques pour en faire des buses minuscules d’imprimantes 3D. Baptisée nécro-impression 3D — du grec nekros pour « mort » — cette technologie permettra des impressions ultra-fines. 

Tout d’abord, les scientifiques ont dû prélever des trompes sur des moustiques euthanasiés qui provenaient de colonies de laboratoires certifiées. Ensuite, ils ont testé les propriétés mécaniques de la trompe de l’insecte : sa tolérance à la pression, sa forme et sa solidité. Cela permet de savoir si la trompe résistera au passage du matériau utilisé pour l’impression. Après différents tests, ils ont conclu que les trompes de moustiques femelles étaient les plus adéquates pour leur projet. Ce n’est pas un hasard : contrairement aux mâles qui se nourrissent de nectar, les femelles possèdent une trompe rigide et droite, conçue par la nature pour perforer les vaisseaux sanguins et pomper le sang.

Une fois récoltée, la trompe est fixée sur l’embout d’un distributeur standard, puis intégrée à une imprimante 3D faite sur mesure. Elle agit alors comme une micro-aiguille capable de tracer des lignes de seulement 20 micromètres (0,02 millimètre) de largeur. C’est deux fois plus petit que ce que le marché industriel offre de mieux actuellement ! C’est de trois à cinq fois moins large qu’un cheveu humain, ou carrément la taille d’un gros globule blanc ! 

Créer de toutes pièces une buse qui permet un résultat aussi précis serait très difficile, en plus d’être coûteux et de produire des déchets. À l’inverse, la trompe du moustique est gratuite, déjà « fabriquée » par la nature, ultra abondante (tu le constates déjà !) et entièrement biodégradable. Toutefois, cette micro-buse naturelle a ses limites : elle ne supporte pas la chaleur intense nécessaire pour faire fondre le plastique. Pour l’utiliser, les scientifiques privilégient donc des matériaux « froids » et biotiques, comme des bio-encres ou des gels chargés de cellules vivantes.

La force des trompes de moustique réside aussi dans leur géométrie naturelle, optimisée par l’évolution, qui permet aux cellules de glisser en douceur. C’est ce qui permet d’imprimer des tissus vivants sans qu’ils ne soient endommagés, comme ce serait le cas dans une buse classique en plastique ou en métal. Une combinaison gagnante qui est à la fois plus efficace et plus écologique !

La nécro-impression 3D pourra servir à fabriquer des micro-objets, comme des échafaudages pour faire croître des tissus humains ou réparer des organes. Comme quoi, même l’insecte le plus détesté de la province pourrait un jour t’aider à rester en santé.

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