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Des scientifiques affirment avoir récolté des traces d’ADN pouvant être liées au grand maître Léonard de Vinci, mais l’absence de preuves solides freine leur enthousiasme.
Imagine être la personne qui découvre l’ADN de Léonard de Vinci, ce grand peintre et inventeur du 16e siècle. Depuis des années, des spécialistes en génomique rêvent de faire une telle trouvaille. En octobre 2024, la course s’est emballée lorsqu’un chercheur a affirmé avoir extrait l’ADN du célèbre artiste à partir du papier d’un dessin, le Holy Child. Mais s’agissait-il vraiment de l’empreinte génétique du vrai Léonard de Vinci? Les spécialistes restent prudents et le doute persiste.
Première difficulté : l’auteur exact de ce dessin demeure incertain. Même si l’œuvre est attribuée à de Vinci, elle pourrait avoir été réalisée par l’un de ses disciples. Ensuite, l’analyse génétique de l’ADN pointe vers un homme aux racines toscanes, ce qui serait compatible avec l’origine italienne du maître. Or, une correspondance régionale ne constitue pas une preuve suffisante. À l’époque de la Renaissance, de nombreux hommes partageaient ce même héritage génétique. L’échantillon pourrait donc appartenir à n’importe lequel d’entre eux.
En génétique, la manière la plus fiable de confirmer une identité consiste à comparer l’ADN à celui de proches parents. Cependant, retracer l’arbre généalogique du génie italien est complexe. Il n’a pas eu d’enfants, avait plusieurs demi-frères et sœurs, et sa sépulture au château d’Amboise, en France — perturbée pendant la Révolution française — ne permet plus d’authentifier clairement ses restes. Sans référence génétique sûre, l’attribution frôle l’impossible.
La tâche relève presque de l’enquête policière. Un anthropologue a même comparé cette quête à la résolution d’une série de crimes : il faut accumuler des indices indirects, sans jamais disposer d’une preuve irréfutable. Les scientifiques n’abandonnent pas pour autant. Quatorze personnes apparentées à l’artiste et toujours vivantes auraient été identifiées et leur génome pourrait aider à authentifier le précieux ADN. L’analyse d’autres dessins et peintures associés à Léonard de Vinci pourrait aussi renforcer — ou affaiblir — l’hypothèse.
Au-delà du débat scientifique, l’enjeu est fascinant : mieux comprendre l’homme derrière le génie… et peut-être, un jour, éclairer une part du mystère de son talent exceptionnel.