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Pour contrer les grandes épidémies, des scientifiques optent pour la vaccination des chauves-souris sauvages. Comment ? Avec l’aide des moustiques !
Au primaire, tu te souviens sûrement d’une journée de vaccination à l’école. Le but de ces campagnes de vaccination est d’immuniser une grande partie de la population pour freiner la propagation des virus, et comme une grande partie de la population se trouve dans les écoles…
Dans le monde animal aussi, les virus circulent et peuvent déclencher des épidémies. Les chauves-souris, par exemple, peuvent être porteuses de plusieurs agents pathogènes, comme le virus Nipah ou celui de la rage. Le problème survient lorsque ces virus dangereux quittent les colonies de chauves-souris pour infecter d’autres espèces, dont les humains. Pour limiter ces débordements, des scientifiques ont exploré une idée étonnante : immuniser directement les chauves-souris.
Comme chez les humains, la vaccination s’impose comme une piste logique. Mais ici, pas question de cliniques ni de petites seringues. L’outil principal est… un moustique!
La stratégie : des moustiques élevés en laboratoire sont nourris avec du sang qui contient un virus affaibli. Une fois ingéré, le virus se multiplie dans leur organisme sans les affecter. Il migre partout, y compris dans les glandes salivaires. Les insectes sont ensuite relâchés dans la nature. C’est là que la véritable campagne de vaccination commence.
Lorsqu’un moustique pique une chauve-souris, une petite dose de vaccin est directement injectée dans son système sanguin par la salive. Autre possibilité : en mangeant les moustiques, les chauves-souris ingèrent le vaccin contenu dans leurs tissus. Dans les deux cas, leur système immunitaire est exposé à de faibles quantités du virus atténué, ce qui les incite à produire des anticorps. Résultat : une vaccination sans intervention humaine directe, potentiellement capable de protéger des colonies entières.
Sur le terrain, il est toutefois difficile de vérifier si les chauves-souris ont bel et bien reçu le vaccin. Les scientifiques travaillent donc à mettre au point des méthodes de suivi plus précises, capables de retracer la diffusion du vaccin et d’en évaluer l’efficacité à long terme.
L’idée est bonne, mais des questions éthiques surgissent : peut-on modifier indirectement la santé d’animaux sauvages à grande échelle ? Il faut aussi tenir compte des risques écologiques : nous ne connaissons pas les conséquences de l’introduction du vaccin en milieu naturel, ni son effet sur les autres animaux.
Mais si ça fonctionne, les moustiques pourraient devenir notre nouvelle arme contre les grandes épidémies de toutes sortes. Tu ne verras plus les moustiques de la même façon !