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14 mai 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Hantavirus : le point en 5 questions

Le rat pygmée de rizière à longue queue est un important réservoir du virus des Andes en Argentine et au Chili. Photo: Wikimedia Commons/Yamil Hussein E.

Comment se propagent-ils? Quels symptômes provoquent-ils? Voici ce que vous devriez savoir sur ce groupe de virus.

1. Pourquoi parle-t-on des hantavirus?

Des passagers et passagères du bateau de croisière MV Hondius, qui naviguait de l’Argentine à l’Afrique du Sud en avril dernier, ont été infectés par le virus des Andes (Orthohantavirus andesense), un virus faisant partie d’un groupe appelé les hantavirus. Tous les passagers et membres d’équipage (125 au total) ont été évacués le 10 mai depuis les Canaries, et renvoyés dans 23 pays différents.

Le bilan de l’éclosion, en date du 14 mai 2026 : 11 cas, dont 3 morts. Depuis, plusieurs personnes ont été mises en quarantaine, dont 9 de nationalité canadienne.

L’Agence de la santé publique du Canada effectue le suivi de santé de ces personnes et recommande l’isolation pour une période d’au moins 21 jours, car les symptômes tardent à se manifester. Une vingtaine de Canadiens ayant voyagé à bord du même avion qu’un cas positif sont aussi suivis, mais non isolés. Ces derniers sont considérés comme des cas à faible niveau de risque.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que la première personne infectée a séjourné au Chili et en Argentine, où elle a été en contact avec le virus des Andes, avant de monter à bord du navire MV Hondius.

Les hantavirus regroupent une trentaine de souches de virus qui infectent les rongeurs. Ils peuvent être transmis à l’humain principalement par inhalation d’aérosols contaminés par des excrétions ou des sécrétions de rongeurs infectés. Le virus des Andes est fréquent en Amérique du Sud alors que le virus Sin Nombre (Orthohantavirus sinnombreense) est plutôt retrouvé en Amérique du Nord.

Les hantavirus peuvent causer deux types de maladies chez l’humain : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (taux de mortalité de moins de 12%) et un syndrome cardiorespiratoire qui cause la défaillance des poumons et du cœur. Ce dernier est causé par le virus des Andes, impliqué dans la présente éclosion, et est associé à un taux de mortalité d’environ 40%.

Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud.

2. Comment le virus se transmet-il?

Une personne peut devenir malade si elle est en contact avec des rongeurs infectés ou si elle inhale des aérosols provenant d’excréments, d’urine ou de salive de ces rongeurs. Selon l’OMS, l’exposition aux particules virales peut notamment survenir en nettoyant une pièce dans laquelle il y a des rongeurs ou en se rendant sur un site qui en est infesté.

Les hantavirus ne se propagent pas facilement entre humains. La seule exception : le virus des Andes, pour lequel une transmission interhumaine a été documentée. Une personne peut alors s’infecter en étant en contact étroit et sur une période prolongée avec un individu malade, comme cela s’est produit sur le bateau de croisière.

3. Quels sont les symptômes de l’infection à hantavirus?

Le diagnostic n’est pas aisé. Lorsqu’il y a des symptômes (ce qui n’est pas systématique), ceux-ci sont similaires à ceux de plusieurs autres maladies infectieuses, c’est-à-dire fièvre, frissons, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, troubles gastro-intestinaux… Dans les cas les plus graves, une défaillance respiratoire et cardiaque peut survenir.

Le temps d’incubation du virus, c’est-à-dire la période avant que les symptômes apparaissent, est particulièrement long : cela peut prendre de une à six semaines.

Entre 2021 et 2023, 10 cas de syndrome cardiorespiratoire à hantavirus ont été signalés au Canada.

4. Existe-t-il des traitements?

Actuellement, il n’existe aucun traitement ni vaccin pour contrer l’infection à hantavirus. Seuls les symptômes peuvent être soulagés (masque à oxygène, intubation…). Plusieurs antiviraux sont étudiés depuis quelques années, mais n’ont pas encore été évalués en essai clinique.

5. Quels sont les risques pour la population?

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les risques pour la population en général demeurent très minimes, à moins d’avoir eu un contact rapproché avec un membre du navire MV Hondius.

Autrement, lors du nettoyage d’une pièce où il y a présence de rongeurs, par exemple, il peut être prudent de porter un masque pour éviter l’inhalation de particules.

Selon les spécialistes de l’OMS, le virus des Andes, bien qu’inquiétant n’a pas le potentiel de causer un scénario similaire à la pandémie de COVID-19.

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