Sur ces photos, prises avec un microscope numérique à très haute résolution, la partie rose représente les algues, qui se développent sur une roche (en gris). Photos : Johanna Vega Sequeda/UQAR
Ces algues aux allures de pierre sont menacées par l’acidification des océans.
À la hauteur de Rimouski, dans l’estuaire maritime du fleuve Saint-Laurent, les zones côtières peu profondes sont parsemées d’étranges croûtes roses, très dures. Des croûtes qui ne sont ni des rochers, ni des coraux, ni même des mollusques… mais des algues.
Ces algues « corallines encroûtantes » sont un type d’algues rouges tout à fait surprenantes, avec leurs cellules entourées d’une paroi durcie par l’accumulation de carbonate de calcium – le composé qui rend aussi rigides les coquilles des mollusques.
Des algues, donc, dures comme des roches ! Pas surprenant qu’on ait d’abord cru les corallines apparentées au corail avant de les classer parmi les algues rouges. Celles-ci ne sont pas des plantes, même si les deux se retrouvent au sein du même supergroupe (les Archaeplastida ) et partagent plusieurs caractéristiques. On compte environ 700 espèces de corallines, présentes dans tous les océans du monde .
Ces algues calcaires doivent leur couleur barbe à papa à des phycobiliprotéines, pigments rougeâtres qui masquent le vert de la chlorophylle, mais qui contribuent à la photosynthèse avec cette dernière. Elles jouent un rôle central dans la formation des écosystèmes marins, notamment dans la consolidation de nombreux récifs coralliens tropicaux.