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Neuf bébés à l’heure ! En 2025, plus de 78 000 enfants sont nés au Québec. Cela fait une naissance toutes les 7 minutes en moyenne. De quoi bien occuper les obstétriciennes et les obstétriciens.
Ces médecins spécialistes accompagnent les femmes tout au long de leur grossesse et pendant l’accouchement. À l’aide d’échographies, ils et elles s’assurent du bon développement du fœtus, détectent les maladies et les malformations et annoncent le sexe du bébé aux futurs parents. Le jour J, ces médecins procèdent à l’accouchement; ils et elles sont vraiment aux premières loges pour assister à la naissance du bébé!
Geneviève Blanchet : gynécologue-obstétricienne
Geneviève a terminé ses études de médecine (obstétrique) à l’Université Laval en 2012. Elle s’est ensuite spécialisée pendant deux ans dans les grossesses à risque. Elle a été obstétricienne au CHUL (Centre Hospitalier Université Laval, à Québec) pendant 10 ans, période durant laquelle elle a assisté à la naissance d’une trentaine de bébés par mois.
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Entrevue
Entrevue avec Geneviève
Pourquoi avoir choisi le métier d’obstétricienne ?
Ce n’est pas une vocation que j’avais depuis toujours. Je me suis d’abord intéressée à la médecine vétérinaire, puis brièvement aux mathématiques. Après une longue réflexion, j’ai choisi de m’orienter vers la médecine. J’ai tout de suite su que j’étais à la bonne place. La gynécologie et l’obstétrique se sont imposées d’emblée, je ne sais pas trop pourquoi.
Quelles sont les qualités d’une bonne obstétricienne ?
Il faut être perspicace et bien gérer son stress. Il faut être travaillante et savoir œuvrer en équipe.
À qui déconseillerais-tu ce métier ?
Aux gens qui veulent avoir une vie très stable, un horaire prévisible, et rentrer à la maison à 17 heures. On travaille de jour, de nuit et parfois les fins de semaine.
Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ?
Le côté un peu incertain de chaque grossesse, les surprises, la nécessité de prendre des décisions précises en fonction du profil clinique de la patiente.
Et qu’aimes-tu le moins ?
Le stress qu’entraine la gestion simultanée d’une patiente enceinte et de son bébé.
Raconte-nous une situation spéciale que tu as vécue ?
Pendant ma formation en grossesse à risque à Ottawa, nous avons pris en charge une dame qui était en train d’accoucher. Elle n’avait pas été suivie par un médecin pendant sa grossesse. On a été surpris après l’accouchement de voir qu’il y avait un deuxième bébé ! Elle ignorait qu’elle portait des jumeaux.
Quels sont les problèmes les plus bizarres que tu as rencontrés lors de grossesses ?
On en voit beaucoup, car on a parfois affaire à des patientes ou des bébés malades. Lorsqu’on repère une malformation chez un fœtus, la situation est difficile à gérer. On ne sait pas toujours quoi dire aux parents, car on ne connaît pas toujours quelles seront les conséquences exactes une fois le bébé né.
Comment s’est passé ton premier accouchement ?
Je ne me souviens pas, j’étais trop stressée ! On n’est jamais seule pour nos premiers accouchements, on est toujours accompagnés. D’ailleurs maintenant que je supervise des étudiants, j’ai le goût de tout faire, mais je dois laisser les nouveaux apprendre le métier.
Y a-t-il un accouchement qui t’a marquée plus que les autres ?
Il y en a un, lorsque j’étais en résidence au CHUL, qui m’a beaucoup marquée. Le couple était tellement gentil, tellement amoureux. L’ambiance était si belle que lorsque le bébé est né, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer avec eux.
Y a-t-il des bébés laids ?
Ils sont tous mignons, mais c’est sûr que certains sont plus beaux que d’autres !
Avec quel genre de futures mamans préfères-tu travailler ?
J’aime bien les mamans peu stressées, qui font plus confiance à leur médecin qu’aux forums de discussion sur le web.
Certains accouchements se déroulent-ils mal ? Comment te sens-tu ?
Oui. On se sent toujours mal dans ces situations. C’est rare, mais quelques fois, on a de la difficulté à “sortir” le bébé : la tête sort, mais pas le reste. On n’a pas beaucoup de temps pour agir et l’important est de garder son calme. En tant qu’obstétricienne, je dois prendre le rôle de leader et faire en sorte que tout le monde reste calme dans la salle.
Les papas tombent-ils dans les pommes pendant l’accouchement ?
Rarement ! Il y en a un de temps en temps ! D’ailleurs, ils assistent presque toujours aux accouchements, encouragent les mamans, leur donnent la main…
Journée type
Une journée dans la vie de Geneviève
Geneviève arrive au CHUL à 8 heures. Elle commence par rassembler l’équipe de nuit et celle de jour (étudiants et étudiantes, personnel infirmier…) pour faire le point sur la nuit qui vient de passer et la journée qui commence. Quelles sont les patientes en train d’accoucher, quelles sont leurs particularités, quelles sont les grossesses à risque…
L’obstétricienne doit superviser tous les accouchements de son unité. Heureusement, certains étudiants et étudiantes se débrouillent comme des chefs. Elle doit aussi accueillir les patientes enceintes qui consultent pour un problème spécifique.
Ce matin, Geneviève doit réaliser une césarienne, c’est-à-dire une intervention chirurgicale pour faire sortir l’enfant par le ventre de sa maman. Elle arrive dans la salle, prend connaissance du dossier et se présente. Tandis que la future maman part vers la salle d’anesthésie, Geneviève enfile gants, blouse et masque. Elle désinfecte ensuite le ventre de la maman anesthésiée, prend son bistouri et ouvre délicatement le ventre et l’utérus. Elle retire le bébé, le confie aux infirmières puis recoud la patiente. Trente à quarante-cinq minutes plus tard, Geneviève est disponible pour assister à une nouvelle naissance.
Elle termine sa journée vers 18 heures sauf si elle est de garde toute la nuit. Dans ce cas, elle retrouvera son lit seulement à 8 heures le lendemain matin.
Études
Le parcours universitaire de Geneviève
Geneviève a réalisé ses études universitaires en médecine et a choisi la spécialité obstétrique-gynécologie en cours de route. Pendant et après sa formation, elle a réalisé ses stages dans des hôpitaux de Québec (CHUL, Saint François, Enfant Jésus, Laval) et en région (à Chandler et à Montmagny). Elle s’est ensuite sur-spécialisée en grossesses à risque pendant deux ans à l’Université d’Ottawa.
Au cégep :
DEC en science de la nature (2 ans)
À l’université :
Médecine (5 ans) dont deux années de stages obligatoires non rémunérés
Résidence : Stages de formation dans les hôpitaux universitaires rattachés à la faculté de médecine (5 ans)
Surspécialité (optionnelle) :
Oncologie, fertilité, médecine fœto-maternelle, grossesses à risque…
Et après ?
Les obstétriciennes et obstétriciens peuvent travailler dans la plupart des hôpitaux. Pour travailler dans les grands centres hospitaliers comme à Montréal ou Québec, l’option “surspécialité” est obligatoire.