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Environnement

AMERICANA : Jean Lemire en mode solution pour sauver l’environnement

20-02-2017

Près de 10 000 experts et décideurs en environnement se réuniront à AMERICANA 2017, du 21 au 23 mars, au Palais des congrès de Montréal. Le salon international de technologies environnementales, organisé par Réseau Environnement, présentera également 200 conférences sur des thèmes comme la gestion durable des ressources, les changements climatiques, les matières résiduelles et la biodiversité. Le biologiste, grand explorateur, auteur et cinéaste Jean Lemire est l’ambassadeur de l’évènement. Entrevue.

En quoi AMERICANA se démarque parmi les nombreux évènements en environnement ?

Par son volet action. Je crois que c’est en réunissant plus souvent des scientifiques, des décideurs et des gens d’affaires qu’on trouvera des solutions innovantes pour agir.

Plusieurs grands enjeux seront abordés à AMERICANA. Lequel vous préoccupe particulièrement ?

Les changements climatiques et la biodiversité, qui sont reliés. On était sur une lancée après la Conférence de Paris sur le climat à la fin 2015. Les gouvernements ont pris des engagements, puis l’élection de Trump aux États-Unis a jeté des doutes sérieux quant à la suite des choses.

Mais j’étais à la Conférence de Marrakech (COP 22) en décembre dernier et on sentait que cette nomination a comme effet de permettre à d’autres leaders, comme l’Allemagne, de prendre une place d’avant-plan. Je pense aussi au milieu des affaires avec le développement de technologies propres. Il sera intéressant de voir avec le temps si Trump et son équipe voudront vraiment laisser le leadership dans le domaine à d’autres, comme la Chine qui est déjà très avancée.

Vous avez publié un livre en novembre, L’odyssée des illusions, et vous aviez avoué que votre confiance en l’avenir était ébranlée. Qu’est-ce qui vous abat à ce point ?

La différence entre le discours des décideurs et la rapidité d’action sur le terrain. On l’a bien vu à Paris avec le grand retour du Canada dans la lutte contre les changements climatiques. C’était porteur d’espoir. Toutefois, le gouvernement vient d’approuver un projet de pipeline.

Puis, en expédition autour de l’équateur, j’ai vu des endroits pauvres où j’ai constaté la hauteur de la montagne qu’on a à gravir. Dans les pays riches, on peut s’acheter une bonne conscience avec les compensations pour le carbone, mais c’est très dangereux parce qu’on continue à consommer autant, à voyager, etc. Cela n’amène pas vraiment de solutions. Je n’ai pas vu de Tesla dans les ghettos de ce monde. Pour le moment, la technologie s’adresse à l’élite.

D’où mon implication à Paris, où j’ai accepté de présider le Programme de coopération climatique internationale dans lequel on a réussi à convaincre le gouvernement du Québec d’investir plus de 25 millions de dollars pour aider les pays francophones en développement. On jumelle des entreprises d’ici avec d’autres de là-bas pour transférer des technologies. Je suis moins découragé depuis que je travaille de plus près avec des acteurs de changement, comme le monde des affaires.

Nommez-moi quelque chose qui vous donne espoir au Québec ?

On n’a pas été très bons pour préparer un legs environnemental de qualité, mais on a été pas mal pour inculquer des valeurs environnementales à la génération de demain.

Vous avez parcouru les mers pendant 15 ans sur le voilier Sedna IV. Vous êtes rentré. Quels sont vos projets maintenant ?

Je prépare trois films : un sur le Saint-Laurent, un sur la migration des baleines et un sur l’Arctique. J’ai fait le passage du Nord-Ouest en 2002, j’y suis retourné 13 ans plus tard et il n’y avait presque plus de glace. Tout change très rapidement et la force de l’image le montre très bien. J’aimerais maintenant passer plus de temps au Québec et que le bateau serve localement, sur le Saint-Laurent et en Arctique, pour que le travail se poursuive ici.

Photo : Olivier Lamarre

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