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Environnement

Les microparticules de plastique sont omniprésentes dans les sols

13-02-2018

Alors qu’on s’inquiète des microparticules de plastique dans les océans, elles seraient encore plus abondantes dans les sols, les sédiments et les sources d’eau douce, menaçant potentiellement les écosystèmes terrestres.

C’est la conclusion d’une étude publiée dans Global Change Biology réalisée par des chercheurs de l’Institut Leibniz d’écologie des eaux douces et des pêches intérieures en partenariat avec l’Université libre de Berlin, en Allemagne.

Les chercheurs ont repris les études déjà réalisées sur les microplastiques, des particules de moins de 5 millimètres (qui incluent aussi les nanoparticules de moins de 0,1 μm). Celles-ci montrent que des fragments de plastique sont présents pratiquement partout sur la planète. Leurs effets néfastes sont déjà largement mis en évidence sur les organismes marins. Mais avant d'arriver dans les océans, les particules transitent souvent par les sols…

Plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites mondialement chaque année. On estime qu’environ un tiers de tous les déchets de plastique aboutissent dans les sols et dans les plans d’eau douce. Dans cette étude, les chercheurs ont estimé que la pollution terrestre par le microplastique serait, dépendamment de l’environnement, de 4 à 23 fois plus élevée que celle des écosystèmes marins.

L’une des grandes sources de distribution des microplastiques ? Les eaux usées. Pas moins de 80 à 90% des microplastiques contenus dans les eaux usées, comme ceux issus des fibres de vêtement, se retrouvent ensuite dans les boues d’épuration. Que fait-on avec ces biosolides ? On les utilise comme engrais pour fertiliser nos sols !

Les chercheurs s’inquiètent des effets potentiellement toxiques de ces microplastiques, précisant qu'il faudra davantage de recherche pour mieux saisir les conséquences à long terme. Cela dit, on sait qu'en plus de pouvoir transmettre des agents pathogènes, leur décomposition libère différentes molécules, telles que des phtalates et du bisphénol A qui ont des effets sur le système hormonal (voir notre entrevue sur les perturbateurs endocriniens). Une fois décomposées en nanoplastiques, les particules peuvent traverser les barrières cellulaires et déclencher des réactions inflammatoires ou des changements dans l’expression des gènes.

Cette omniprésence du plastique dans notre environnement est déjà palpable. Des études ont détecté des particules de plastique dans plusieurs aliments. En plus des poissons qui ingèrent littéralement le plastique, on en trouve dans le sel, le sucre et la bière. Bon appétit !
 

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