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Environnement

Le sable, une ressource surexploitée

07-06-2019

Photo: jim gade/Unsplash

Il est grand temps de mieux gérer les ressources mondiales en sable, plaide un nouveau rapport des Nations unies.

Le sable est partout autour de nous, du carré de sable jusqu’à la plage, et il semble impensable que l’on puisse un jour en manquer. Pourtant, un rapport publié en mai dernier par les Nations unies sonne l’alarme sur la surexploitation de cette ressource, et sur l’impact environnemental de l’extraction. Actuellement, la demande mondiale en sable et gravier se chiffre à 50 milliards de tonnes par an, soit trois fois plus qu’il y a 20 ans. De cette quantité, l’industrie de la construction en consomme 29,6 milliards de tonnes chaque année (statistiques de 2012).

Après l’eau, le sable et le gravier sont en effet les «plus importantes ressources extraites et commercialisées en volume, mais c’est l’une des activités les moins réglementées dans de nombreuses régions». En cette période industrielle, l’appétit mondial envers cette ressource est exponentiel. Le sable est un matériau versatile qui entre dans la composition du béton, de l’asphalte, du verre, et sert aussi aux secteurs des cosmétiques et de l’électronique.

Les pays qui connaissent un boom immobilier, comme certains pays d’Afrique, l’Inde et la Chine, devraient avoir besoin d’encore plus de béton, donc de sable, dans les prochaines années. On parle même d’une mafia du sable dans certaines régions où la demande est très forte.

«Le sable de construction est un sable beaucoup plus exigeant en termes de qualité. Mais ce type de sable sera, avec le temps, de plus en plus rare et de plus en plus cher à extraire», explique Vera Van Lancker, chercheuse en géologie marine à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, qui a participé au rapport des Nations unies. «Nous entrons dans une ère où il sera difficile d’obtenir du sable à faible coût. Du point de vue de la durabilité, il faut prendre conscience que les ressources en sable ne sont pas infinies. Ce que l’on extrait ne reviendra jamais», ajoute-t-elle.

Extraction néfaste pour l’environnement

Le sable est extrait à un rythme qui va bien au-delà de son renouvellement. À grande échelle, l’extraction a des conséquences néfastes sur les écosystèmes aquatiques (rivière, lac, littoral) en particulier pour les coraux et les algues. Dans certains pays, on va chercher le sable en creusant le long des côtes, qui deviennent plus sujettes aux inondations. La chercheuse belge souligne aussi la nécessité d’avoir des études qui démontrent l’impact de l’extraction de sable sur l’érosion côtière. «Nous avons besoin d’en savoir davantage sur les effets de l’extraction aux alentours d’habitats marins sensibles. Certaines espèces aquatiques seront sensibles aux sédiments en suspension alors que d’autres y seront résistantes».

Selon la chercheuse, ce rapport arrive à temps. «Nous devons repenser nos habitudes de consommation et nos pratiques pour réduire l’impact et parvenir à une utilisation efficace de nos ressources», souligne Vera Van Lancker. Le rapport recommande d’ailleurs d’éviter les projets de construction excessifs ou prestigieux (comme la tour Burj Khalifa à Dubaï), d’employer des infrastructures vertes, de substituer le béton et d’utiliser des matériaux recyclés si possible. «Les actions prises aujourd’hui ne seront peut-être effectives que dans 10 à 20 ans, voire plus. C’est pourquoi il faut commencer tôt et s’assurer que les mentalités changent, surtout dans les régions où le sable se fait plus rare».

Le rapport souligne que «pour répondre à la demande dans un monde de 10 milliards d’habitants sans nuire à l’environnement, il faudra une politique, une planification, une réglementation et une gestion efficaces».

Le très long processus de la formation du sable

Les grains se forment suite à des milliers d’années d’érosion sous l’action du vent et des vagues. Le sable est formé de plusieurs types de roches, mais aussi de coquillages, de coraux, etc. Il peut donc prendre des couleurs allant du brun très pâle, au rose jusqu’à la couleur noire que l’on voit fréquemment dans les régions volcaniques. Le sable des déserts, que l’on trouve en grande quantité, ne peut pas servir de matériau de construction, car il est trop lisse.

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