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Environnement

À la sauvegarde des plantes de notre assiette

31-05-2019

Photo: MabelAmber/Pixabay

Des scientifiques des États-Unis, du Canada et de la Colombie s’inquiètent de la disparition d’espèces du règne végétal.

Pourtant alarmante, l’extinction des plantes n’attire pas autant l’attention que celle des espèces animales. On appelle ce phénomène «plant blindness», un terme qu’on pourrait traduire par «cécité des plantes». Il désigne cette tendance à sous-estimer, voire ignorer le monde végétal si bien «qu’il devient difficile d’identifier les plantes qui nous nourrissent», selon le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), situé en Colombie, qui est à l’origine d’un commentaire paru dans Plants, People, Planet, auquel des chercheurs canadiens, américains et colombiens ont participé.

«Malheureusement, nous perdons des espèces plus rapidement que ce que nous pouvons étudier», déclare Tara Moreau, directrice associée du Jardin botanique de l’Université de la Colombie-Britannique, cosignataire du commentaire. Un chercheur du CIAT, quant à lui, souligne qu’il y a près de 7 000 espèces de plantes utiles à l’humain qui sont en danger à travers la planète.

Lors d’un entretien l’an dernier avec Québec Science, le botaniste britannique à la retraite Anthony Trewavas avait signalé les périls de notre aveuglement à l’égard du règne végétal. «Il faut changer notre façon de voir les plantes. On a tendance à ne pas en tenir compte comme les animaux puisqu’elles ne bougent pas.»

Des solutions pour y pallier

La population vit de plus en plus concentrée dans les grandes villes en s’éloignant de la campagne. Dans leur article, les chercheurs listent des expériences qui aident le public à s’engager et à changer leur perception du monde végétal, notamment en s’intéressant davantage aux plantes agricoles, que nous retrouvons tous les jours dans nos assiettes. Par exemple, par la présentation d’une exposition racontant l’histoire de la domestication du maïs et son importance dans l’alimentation. Les jardins botaniques, avec leur mission éducative qui rejoint un vaste auditoire estimé à 250 millions de visiteurs à l’échelle planétaire, contribuent aussi à cette mission de sensibilisation. Le public peut ainsi admirer, toucher et goûter aux plantes.

Les chercheurs espèrent qu’une meilleure appréciation des plantes ouvrira la voie à une meilleure protection de la biodiversité en général.

Des jeunes qui s’informent sur la conservation de l’eau et les choix alimentaires durables dans le jardin potager du Jardin botanique de l’Université de la Colombie-Britannique. Photo: Krishnan et al.

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