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Santé

Comment soigner une tendinite?

17-05-2018

Comme une roche dans un soulier, la tendinite se loge tranquillement dans le quotidien avant de le gâcher. Malheureusement, soigner cette désorganisation du tissu fibreux qui rattache un muscle à un os passe par la même logique.

En temps normal, lorsqu’on se déchire un muscle, il se produit une inflammation. Bien que douloureuse, cette réaction normale du corps humain est souhaitable; sans elle, la structure atteinte ne peut se réparer. Certains traitements créent même un cycle inflammatoire de façon délibérée pour favoriser la guérison.

Avec un tendon, toutefois, l’histoire est différente. « Contrairement au muscle, le tendon est très peu vascularisé. Le résultat de ce faible apport sanguin : les réactions inflammatoires qui s’y produisent sont minimales », explique Nicolas Dumont, professeur adjoint à l’École de réadaptation de la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

La bible des tendinites

Pour soigner une tendinite, il faut se tourner vers le renforcement musculaire de type excentrique préconisé par le docteur William Stanish, auteur de la bible sur les tendinites : Tendinitis, Its Etiology and Treatment, publiée en 1984, puis republiée au tournant des années 2000. La technique de ce chercheur de l’université de Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, sollicite le tendon à la fois en torsion et en traction.

Dans le cas d’une tendinopathie du tendon d’Achille, l’une des plus communes, l’exercice consiste à s’appuyer sur la pointe des pieds au bord d’une marche, puis de contrôler (donc de freiner) lentement la descente. « Avec le protocole de Stanish, on impose un stress mécanique important qui force les fibres tendineuses à se réaligner et à cicatriser. De toutes les modalités de traitement possibles, ce sont les exercices qui sont les plus efficaces pour traiter les tendinopathies », affirme Nicolas Dumont.

À la maison?

Improviser de tels exercices à la maison s’avère toutefois difficile. Et même risqué : en abuser peut avoir l’effet contraire à celui recherché, soutient M. Dumont. « On devrait consulter un professionnel de la santé plutôt que de risquer d’empirer le problème », recommande-t-il.

En attendant une consultation, il faut agir à la source et diminuer, voire cesser, l’activité sportive ou le mouvement fautif. Puis, on peut appliquer de la glace sur le site douloureux et avaler des comprimés d’antidouleurs, comme de l’acétaminophène. Surélever le membre atteint est aussi une bonne idée. Partant pour une petite soirée de fainéantise?

 

 

Cet article fait partie d’un dossier répondant aux 50 questions de santé les plus fréquemment entrées par les Québécois dans le moteur de recherche Google. Pour accéder à toutes les questions de santé, cliquez ici..

 

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