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Santé

La COVID-19 entrave la lutte contre la tuberculose, le paludisme et le sida

05-10-2020

Un enfant recevant une dose du vaccin oral contre la polio. À cause de la COVID-19, les campagnes de vaccination ont été entravées dans de nombreux pays. Photo: CDC

D’ici 2025, un surplus de 1,4 million de victimes de la tuberculose pourrait être à déplorer en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.

C’est la plus mortelle des maladies infectieuses et la COVID-19 risque de lui donner un funeste coup de pouce. La tuberculose, qui tue 1,5 million de personnes chaque année, pourrait faire 13 % de victimes supplémentaires rien qu’en 2020, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

D’ici 2025, un surplus de 1,4 million de victimes pourrait être à déplorer en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, surtout en Asie et en Afrique, redoute quant à lui le partenariat international Halte à la tuberculose, qui a publié diverses modélisations. Autrement dit, ce serait l’équivalent d’un bond de cinq à huit ans en arrière dans la lutte contre ce fléau que l’Organisation des Nations unies souhaitait éradiquer d’ici 2030… « La COVID-19 a un effet dévastateur », s’alarme Madhukar Pai, directeur du Centre international de tuberculose McGill.

Au cours des premiers mois de la pandémie, le nombre de cas de tuberculose rapportés a baissé de 50 à 80 % selon les pays, souligne-t-il. La bactérie responsable de cette affection respiratoire n’a pourtant pas reculé ; la COVID-19 a plutôt entravé l’accès aux diagnostics et aux soins, et ralenti le dépistage et le traçage des personnes infectées. À moyen terme, les experts craignent des problèmes d’approvisionnement en matériel diagnostique et en médicaments.

Un recul généralisé

Et la tuberculose n’est pas la seule maladie à avoir profité de la crise. « Il y a des reculs dans la lutte contre le sida et le paludisme, dans la santé infantile et la santé maternelle », reprend l’épidémiologiste. Les campagnes de vaccination infantile, notamment, ont été suspendues dans des dizaines de pays, mettant 80 millions d’enfants en danger de contracter la rougeole, la poliomyélite ou la diphtérie, selon l’OMS.

Hélas, même une interruption brève des services aura des conséquences fatales. C’est ce que conclut une étude publiée en juillet dernier dans The Lancet, qui a évalué l’effet de la pandémie selon quatre scénarios correspondant à un contrôle plus ou moins rapide du coronavirus. Dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, « les décès attribuables au VIH, à la tuberculose et au paludisme pourraient être supérieurs respectivement de 10, 20 et 36 % en cinq ans par rapport à ce qui serait arrivé sans la pandémie », notent les auteurs. En fait, les pertes en vies humaines pourraient excéder à bien des endroits celles causées par la COVID-19, selon le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Partout, des voix s’élèvent pour la mise en place de plans d’action rétablissant en urgence l’accès aux antirétroviraux, au diagnostic et au traitement rapide de la tuberculose et la distribution de moustiquaires contre le paludisme. Sans quoi, après avoir mis le monde sur pause, la COVID-19 risque de le faire reculer en ramenant à l’avant-scène des maladies qui étaient en voie d’être endiguées.

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