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09 novembre 2018
Temps de lecture : 2 minutes

Près de 400 décès dus aux opioïdes au Québec en un an

Photo: Wikimedia Commons

En 2017, le Québec redoutait une hausse significative des surdoses mortelles aux opioïdes. Le dernier bilan de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ne souligne toutefois pas d’augmentation importante des cas par rapport à 2016.

On en parlait il y a un peu plus d’un an dans notre reportage Opioïdes: autopsie d’une crise. Les professionnels de la santé étaient alors aux aguets et craignaient qu’une vague meurtrière, semblable à celle qui avait lieu aux États-Unis atteigne le Québec, en raison de l’abus d’opioïdes.

Selon les plus récentes données, «pour la période de juillet 2017 à juin 2018, il y a eu 376 décès reliés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou autres drogues.» L’INSPQ indique également que ces «données ne suggèrent pas de hausse par rapport aux données de surveillance de 2016».

À l’échelle du pays, le portrait est plus sombre en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta.  Selon Santé Canada, on compte «3 987 décès apparemment liés à la consommation d’opioïdes en 2017», une augmentation de 34% comparativement à 2 978 en 2016.

Le fentanyl serait aussi plus souvent en cause, étant impliqué dans 72% des décès en 2017, contre 55% en 2016. Cet opioïde de synthèse, qui est cent fois plus puissant que la morphine, peut provoquer une détresse respiratoire menant à la mort.

Moins de décès au Québec

Est-ce une vigie et une surveillance accrue à plusieurs niveaux chez les pharmaciens, les médecins et le gouvernement (Stratégie nationale pour prévenir les surdoses d’opioïdes et y répondre) qui a permis d’éviter le pire au Québec? Un meilleur accès au traitement? L’ouverture des services d’injection supervisée? Peut-être tout cela à la fois.

Depuis avril 2018, l’accès à la naloxone, l’antidote qui bloque les effets de surdose en attendant une aide médicale, est facilité et offert à quiconque se présente dans une pharmacie participante.

Quant aux services d’injection supervisée, les quatre sites à Montréal ont doublé leur fréquentation mensuelle depuis leur ouverture en été 2017, selon un bilan publié en juin dernier.

Des mots pour mieux comprendre la crise

Opiacés : ils contiennent de l’opium ou en sont dérivés. La morphine, la codéine et l’héroïne font partie des opiacés.

Opioïdes : terme incluant les opiacés ainsi que les drogues synthétiques qui agissent de la même façon. Les opioïdes sont utilisés comme analgésiques pour soulager la douleur et peuvent procurer un effet euphorique. Ils se lient sur certains récepteurs situés notamment dans la moelle épinière et le cerveau, et bloquent ainsi les messages de douleur. Les opioïdes peuvent se présenter sous différentes formes: comprimés, capsules, sirops, injections, timbres. Le fentanyl, l’hydromorphone, l’oxycodone en font partie.

Fentanyl : cent fois plus puissant que la morphine, il soulage la douleur lors de l’accouchement (épidurale). Il est aussi vendu sous forme de timbre transdermique pour atténuer les douleurs chroniques. Cet opioïde de synthèse est mis en cause dans la flambée de morts provoqués par les opioïdes (dont celle du chanteur Prince en 2016). Peu onéreux, il est souvent mélangé avec l’héroïne ou la cocaïne.

Carfentanil : Dix mille fois plus puissant que la morphine, le carfentanil est aussi un opioïde de synthèse. Il sert à calmer les grands animaux, comme les éléphants.

Naloxone : médicament administré par injection ou par vaporisateur nasal pour contrer les surdoses aux opioïdes. Puisque les effets de la naloxone se dissipent plus rapidement que ceux de la drogue, les symptômes de surdosage peuvent refaire surface. c’est pourquoi il est important de faire appel aux secours médicaux rapidement.

Méthadone et suboxone : médicaments qui aident à traiter la dépendance aux opioïdes.

Source : Santé Canada

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