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Santé

Des mannequins intelligents pour former les infirmières

12-04-2017

Les infirmières de la relève qui réalisent des apprentissages par simulation à l’aide d’un mannequin simulateur à haute-fidélité sont mieux formées, conclut une étude québécoise.

Ils sont dotés d’un système sanguin, respiratoire et digestif, émettent des bruits audibles et se plaignent de plusieurs maux : comme leur nom l’indique, les mannequins simulateurs à haute-fidélité ressemblent à de véritables êtres humains!

« De loin, ils sont même difficiles à différencier de personnes normales », jure Ivan Simoneau, enseignant en soins infirmiers et chercheur au Cégep de Sherbrooke, qui les utilise depuis 2015 dans son programme d’enseignement de soins infirmiers.

Il n’y a qu’à voir ce mannequin de CAE simulant un accouchement pour s’en convaincre.

Apparus au milieu des années 2000, ces « robots » à 90 000 $ pièce ont tranquillement pris la place des mannequins statiques qui ont toujours existé dans les lieux de formation. Leur principale force : ils permettent la scénarisation de problèmes cliniques très fidèles à la réalité en milieu hospitalier, explique le professeur, qui s’intéresse depuis 2010 à la valeur pédagogique de ces simulateurs ultramodernes.

« L’apprentissage par simulation permet de bombarder les étudiants d’entrées visuelles, auditives et tactiles, en plus de leur offrir de nombreuses occasions de pratique délibérée » analyse-t-il.

Réels bienfaits?

Pour mesurer les réels bienfaits de ce type d’apprentissage, Ivan Simoneau et ses collaborateurs du Cégep de Sainte-Foy et de l’Université du Québec à Montréal  ont mis sur pied un projet de recherche afin de le comparer à un apprentissage classique. Une étude qui a nécessité la confection de deux questionnaires à choix de réponse sur les connaissances en cardiologie, un « sujet commun incontournable en soins infirmiers ».

« Ces deux questionnaires, administrés avant et après l’expérimentation, devaient mesurer les mêmes concepts, mais de manière différente, pour éviter les biais d’apprentissage », précise M. Simoneau.

Une fois validés, les questionnaires ont été présentés à 177 étudiants de 3e année en soins infirmiers. Puis, deux groupes ont été constitués : le groupe contrôle, de 84 sujets, qui a poursuivi une trajectoire d’apprentissage traditionnelle, et le groupe expérimental, de 93 sujets, qui a bénéficié de l’apprentissage assisté de mannequins simulateurs de haute-fidélité.

Mieux formées

Les écarts notés entre les deux groupes dans les résultats au second questionnaire sont majeurs. En moyenne, les étudiants du groupe expérimental ont réalisé une performance 29 % meilleure à celle du groupe contrôle. « Cela indique qu’ils assimilent mieux et davantage les connaissances enseignées. Leur gain cognitif est supérieur », soutient l’enseignant.

Autre découverte : le niveau de connaissances en cardiologie du groupe expérimental était, en moyenne, trois fois plus important, que celui du groupe contrôle. « Par rapport à lui-même, l’étudiant du groupe expérimental s’est plus amélioré que celui du groupe contrôle », interprète-t-il.

La conclusion de ces travaux est implacable : les infirmières de la relève qui réalisent des apprentissages par simulation sont mieux formées et arrivent sur le marché du travail mieux préparées.

Actuellement, environ la moitié des établissements collégiaux québécois offrant une formation en soins infirmiers utilisent des mannequins simulateurs à haute-fidélité, indique Ivan Simoneau.

Photo : Cégep de Sherbrooke

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