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Santé

Après la greffe fécale, bientôt la greffe de bactéries vaginales?

18-09-2019

Photo: Timothy Meinberg/Unsplash

Inspirés par les succès de la greffe fécale, des chercheurs américains espèrent procéder à la transplantation du microbiote vaginal.

Si la greffe fécale s’avère efficace pour restaurer la flore intestinale et contrecarrer la prolifération de la bactérie C. difficile, la même méthode pourrait être employée afin de venir à bout des déséquilibres bactériens de la flore vaginale.

Un microbiote vaginal en santé est dominé par la présence de bactéries appartenant à l’espèce Lactobacillus. La vaginose survient lorsqu’il y a un déséquilibre de la flore bactérienne, qui peut notamment être causé par la pratique de la douche vaginale. Le nombre de lactobacilles diminue alors et d’autres espèces de bactéries, dont certaines pathogènes, gagnent du terrain. Selon la littérature scientifique, la vaginose est associée à «un risque accru d’infections transmises sexuellement, d’infections urinaires, de problèmes de fertilité, de problèmes pendant la grossesse ainsi que d’infections à levures récurrentes».

Il existe des antibiotiques pour contrer l’infection, mais celle-ci a tendance à revenir, d’où l’intérêt de procéder à une transplantation de bactéries vaginales d’une donneuse saine. Dans une étude publiée dans Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, les chercheurs de l’université Johns Hopkins ont voulu dresser le protocole pour sélectionner ces donneuses saines. Ils ont fait appel à vingt participantes en santé, âgées de 23 à 35 ans. Celles-ci devaient répondre à un questionnaire médical, fournir des échantillons de sang, d’urine et deux prélèvements vaginaux (écouvillon et fluide vaginal) afin de s’assurer de l’absence d’infections, comme le VIH. Les chercheurs suggéraient également de s’abstenir de toute relation sexuelle pendant l’étude pour prévenir la transmission d’infections.

Les chercheurs soulignent que ce groupe réduit de participantes n’est pas représentatif de la population en général. Dans leur cas, 7 femmes sur 20 (35%) avaient le profil pour être donneuses et possédaient une flore vaginale adéquate, dominée par des lactobacilles (comme L. crispatus, L. iners). La présence d’acide lactique, produit par les lactobacilles, et le faible pH ont un rôle protecteur.

Leur étude est un premier pas vers de futures transplantations vaginales. Les chercheurs, qui sont en attente de financement, espèrent commencer les essais prochainement avec un petit groupe.

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