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Santé

Le BPA innocenté?

16-02-2013

Le bisphénol A (BPA), un composé chimique présent dans plusieurs bouteilles et emballages de plastique, a été accusé de maux très variés: favoriser le diabète et l’obésité, perturber le développement du cerveau des fœtus ou encore être responsable de certains cancers hormono-dépendants, comme celui du sein.

Or, selon les résultats d’une méta-analyse présentée dans le cadre du congrès annuel de l’American Association for the Advancement of Science, à Boston, le bisphénol ne serait pas le vrai coupable. Les travaux du professeur Justin Teeguarden, toxicologue au Pacific Northwest National Laboratory, dans l’État de Washington, indiquent en effet que les concentrations de BPA trouvées dans le sang de 30 000 volontaires, issus de 19 pays, sont trop faibles pour être nocives. Les taux détectés sont 1000 fois inférieurs aux quantités ayant des effets toxiques chez les animaux! «Chez les humains, les concentrations se retrouvent très souvent sous la limite de détection de nos appareils», indique le chercheur.

Justin Teeguarden laisse entendre que les scientifiques qui ont décelé des traces importantes de BPA dans le sang de leurs sujets auraient avantage à faire attention à leur matériel. Le bisphénol pourrait provenir des tubes et des contenants utilisés lors des prélèvements.

Selon Richard Sharpe, spécialiste des perturbateurs endocriniens et professeur à l’Université d’Édimbourg, le vrai responsable de nos problèmes de santé ne serait pas le BPA mais plutôt la piètre qualité nutritive des aliments, préemballés sous les pellicules de plastique elles-mêmes.

Au nom du principe de précaution, le Canada et plusieurs États américains ont toutefois interdit depuis plusieurs années l’utilisation du BPA dans les biberons.

Photo: Olivier Rey

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