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Santé

Le virus Ebola frappe à nouveau en République Démocratique du Congo

28-08-2018

Image: CDC Global

L’épidémie d’Ebola continue de s’acharner sur ce pays d’Afrique centrale.

En juillet dernier, la République démocratique du Congo (RDC) subissait une épidémie de virus Ebola, qui a provoqué la mort de 33 personnes. Une semaine après la fin de cette épidémie, on annonçait l’arrivée d’une autre, qui a commencé lors de l’enterrement non sécuritaire d’une femme de 65 ans, victime du virus. La maladie se serait ensuite propagée à son entourage en faisant 7 décès.

Contrairement à l’épidémie de juillet qui se concentrait surtout au nord-ouest du pays, cette nouvelle flambée touche le nord-est, soit la province du Nord-Kivu où ont lieu des conflits incessants entre une centaine de groupes armés qui se partagent le territoire, compliquant du même coup le travail du personnel médical, selon Annick Antierens, médecin et coordonnatrice des traitements expérimentaux pour Médecins Sans Frontières – Belgique.

« Nos interventions pour Ebola requièrent d’aller dans les communautés touchées pour discuter avec les gens, faire le suivi des malades, désinfecter les maisons… C’est très compliqué en zone de guerre. Nous avons toujours des inquiétudes lorsque cela se produit dans des endroits difficiles d’accès. L’épidémie risque de continuer et de durer plus longtemps avant d’être éliminée », indique la médecin.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, en date du 26 août, on comptait 111 cas, dont 75 décès (47 confirmés, 28 probables). Le pays a subi jusqu’à présent 10 épidémies de virus Ebola. Ce virus a d’ailleurs été découvert pour la première fois en 1976 en RDC et au Soudan, où il avait causé la mort de centaines de personnes.

Des doses du vaccin rVSV-ZEBOV sont présentement administrées à la population. Au moins 2 000 personnes l’ont déjà reçu. En plus de ce vaccin qui agit à titre préventif, cinq traitements expérimentaux ont été approuvés par le ministère de la Santé de la RDC pour contrer la propagation du virus : mAb114, Remdesivir, ZMapp, Favipiravir et Regn3450-3471-3479. C’est le ZMapp qui est donné en priorité. « Il est cependant difficile à administrer, car il est injecté par perfusion. Cela prend du personnel qualifié qui accompagne le patient pour s’assurer que celui-ci supporte bien le traitement. Comme la première injection peut prendre de 6 à 12 heures avant d’être complétée et qu’il faut trois injections en tout, il est difficile à mettre en place », souligne le Dr Antierens.

Comprendre un peu mieux Ebola

Depuis l’épidémie en Afrique de l’Ouest en 2013, dont le bilan s’élève à plus de 11 000 morts, les chercheurs continuent à en apprendre davantage sur le virus.

« Chez les femmes enceintes, on sait que le virus peut rester très longtemps dans le fœtus, le placenta et le liquide amniotique. Même si la mère est guérie, les personnes qui assistent à l’accouchement sont à risque, car le liquide amniotique est très infectieux. Ces femmes doivent accoucher dans des centres spécialisés », explique le Dr Annick Antierens. « Une autre chose que l’on a apprise depuis, c’est que l’ARN viral peut persister jusqu’à 18 mois dans le sperme des hommes infectés. Nous avons là une forte suspicion qu’une transmission par voie sexuelle est possible », ajoute-t-elle.

Qu’est-ce que le virus Ebola?

Le virus Ebola qui provoque la maladie du même nom, entraîne hémorragie, fièvre, vomissement de sang, diarrhée, etc. [Lisez à ce sujet Ebola : quelques clés pour comprendre, 2014] Elle se transmet par contact avec les fluides d’une personne infectée (sang, tissus, etc.) ou du matériel souillé. Les symptômes se manifestent de 2 à 21 jours après avoir été en contact avec le virus. Le taux de mortalité pour certaines souches est extrêmement élevé, allant de 20 à 90%, selon l’OMS.

 

À lire aussi : Où se cache le virus Ebola?

Une nouvelle souche Ebola découverte

Cette nouvelle souche a été découverte chez les chauves-souris de la Sierra Leone. Nommée Bombali, elle vient s’ajouter à cinq autres souches connues du virus : Zaïre, Bundibugyo, Soudan, Forêt de Taï et Reston. Il est encore trop tôt pour déterminer si la nouvelle souche pourrait également infecter les humains et être aussi virulente.

En 2016, des chercheurs américains de l’université de Californie à Davis ont échantillonné 1 278 animaux (chauves-souris, rongeurs, chiens et chats) vivants en Sierra Leone. Sur le lot, 4 chauves-souris provenant de deux espèces différentes (Chaerephon pumilus et Mops condylurus) se sont avérées porteuses du virus Ebola. Ces chauves-souris, trouvées à l’intérieur d’habitations, vivent à la grandeur du territoire de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique subsaharienne. Selon les auteurs, cette recherche vient supporter l’évidence que les chauves-souris seraient les hôtes du virus. En examinant de plus près ces animaux, les chercheurs espèrent avoir une longueur d’avance sur les futures épidémies qui surgiront, avant qu’un virus potentiellement dangereux ne contamine l’humain.

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