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Santé

Livrer des médicaments par laser pour stopper les maladies de l’œil

20-11-2018

Image: Polytechnique Montréal

Des millions de personnes à travers le monde sont affectées par des maladies de la rétine, contre lesquelles peu de traitements sont disponibles. Mais une nouvelle technique au laser, développée par une équipe de chercheurs montréalais, pourrait changer la donne dans une dizaine d’années.

« Il faut garder l’œil ouvert en science! », dit d’emblée Michel Meunier, un des créateurs de cette méthode, qui combine laser femtoseconde et nanoparticules d’or. Physicien et ingénieur spécialisé dans l’optique et les nanotechnologies dans le domaine médical à Polytechnique Montréal, il travaille depuis plusieurs années au développement de cette technique, de concert avec une équipe multidisciplinaire comprenant notamment ingénieurs, biologistes et spécialistes de la vue. M. Meunier espère que cette nouvelle technologie, qui est décrite dans Nano Letters, aidera ceux qui sont atteints de maladies de l’œil telles que le glaucome ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

Avec ce laser qui agit comme un nanoscalpel, l’équipe utilise des nanoparticules d’or qui concentrent l’énergie du laser, ainsi que des anticorps qui reconnaissent les cellules malades de la rétine, au fond de l’oeil.

« Seul l’endroit de la rétine où il y a la nanoparticule d’or sera irradié. On choisit d’ailleurs une longueur d’onde qui n’aura pas d’effet sur les autres cellules », explique Michel Meunier. Au moment où le laser perce d’infimes trous dans la rétine, un médicament, par exemple, peut être injecté dans l’œil.

« On s’est aperçu qu’on pouvait faire de très petites incisions sur des cellules vivantes », raconte le chercheur. « L’idée en faisant cela, c’est de pouvoir insérer des gènes ou des médicaments dans les cellules affectées pour les guérir », ajoute-t-il.

Selon l’ingénieur, la technique est beaucoup moins invasive et plus spécifique que les méthodes actuelles.

L’équipe de Michel Meunier a déjà testé avec succès cette méthode in vivo chez les souris et il a espoir de pouvoir l’utiliser chez l’humain d’ici une dizaine d’années.

« Il reste de l’optimisation à faire, mais nous sommes sur la bonne voie. La prochaine étape est de le réaliser dans des conditions qui se rapprochent de l’humain pour éventuellement commencer les phases cliniques ».

Vidéo du scalpel de lumière de Polytechnique Montréal où l’on voit les nanoparticules d’or qui concentrent l’énergie du laser femtoseconde pour créer une incision nanométrique à la surface des cellules et permettre d’injecter des médicaments ou des gènes.

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